Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Saint-Brieuc: 300 manifestants contre un parc éolien en mer

Environ 300 personnes, dont des pêcheurs et des membres d'associations environnementales, se sont rassemblées lundi matin devant la préfecture des Côtes-d'Armor pour protester contre un projet de parc éolien offshore dont les travaux devaient débuter ce même jour.

"Non à la mort de la pêche artisanale", "Iberdrola, parrain de la mafia éolienne", "Non, les éoliennes ne doivent pas remplacer les pêcheurs", "Non aux éoliennes qui détruisent la mer": sous les banderoles accrochées aux grilles de la préfecture, des coquilles vides de Saint-Jacques, qui font la richesse de la baie de Saint-Brieuc et que les pêcheurs craignent de voir menacées par la construction du parc, ont été déversées.

Les pêcheurs réclament l'annulation de ce projet de parc éolien en mer dont la mise en service est prévue pour fin 2023. Il est construit par la société Ailes Marines, filiale du groupe espagnol Iberdrola.

"Il faut qu'on réussisse à empêcher ces parcs d'envahir nos côtes", a notamment déclaré le président du comité départemental des pêches Alain Coudray, qui a accusé la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili: "Elle veut faire disparaître la pêche".

Fixé sur les fonds marins, ce parc est l'un des sept attribués par l'État depuis 2012, en Manche et dans l'Atlantique, dans le cadre du développement des Énergies marines renouvelables (EMR). Il doit être érigé à 16,3 km des côtes les plus proches, le Cap Fréhel et le port de pêche d'Erquy, une petite station balnéaire, deux secteurs classés.

Selon Katherine Poujol, présidente de l'association "Gardez les Caps", ces éoliennes vont déverser de l'aluminium en mer chaque jour et "toute la chaîne alimentaire va être contaminée". "Les 62 éoliennes du parc contiennent chacune 1,3 tonne de terres rares", des métaux rares utilisés dans la fabrication de produits de haute technologie, a-t-elle dit.

"On n'a eu que des mensonges depuis le début de ce projet de parc", a assuré M. Coudray qui suit le dossier depuis le tout début, en 2007. "Ne lâchez rien, chers pêcheurs", a exhorté le député Marc Le Fur (LR).

Dans un entretien au quotidien Le Télégramme, Jonathan Cole, directeur général d'Iberdrola énergies renouvelables offshore, a au contraire estimé que "les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ont eu davantage d'impact ici que n'importe où ailleurs". "Et je ne dis pas ça de façon négative (...) Nous comprenons que nos travaux puissent affecter l'activité. C'est aussi pour cela que nous dédommageons l'activité locale à hauteur de 10 millions d'euros. Mais je suis certain que le bon voisinage sera possible dans le futur", a ajouté M. Cole.

Les pêcheurs avaient prévu lundi matin d'aller au devant des navires du chantier Ailes Marines qui doivent commencer des forages mais ces navires ont retardé leur entrée en action, esquivant ainsi la confrontation.

Le préfet maritime de l'Atlantique a indiqué lundi matin qu'il prévoyait de déployer plusieurs navires de l'État (gendarmerie maritime, Marine nationale et douanes) "pour accompagner le début des travaux du parc éolien en baie de Saint-Brieuc". "L'objectif est avant tout de garantir la sécurité de la navigation, des personnes, des biens et de l'environnement", précise le préfet maritime, dans un communiqué, alors qu'une zone réglementée en mer a été instaurée "pour toute la durée des travaux".

D'une capacité de 496 MW, avec 62 éoliennes de plus de 200 m de haut et 30 à 42 m sous l'eau, ce parc est censé produire 1.820 GWh, soit la consommation électrique annuelle de 835.000 habitants, selon son promoteur.

mcl/aag/gvy/mpm

Poster un commentaire
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Déjà membre ? Je me connecte.
Je ne suis pas encore membre, Je crée mon compte.