Rouvrir ou ne pas rouvrir la voie sur berges, l'opposition fluctue à Paris

Faut-il rouvrir la berge de Seine rive droite aux voitures en attendant la décision de la justice ou la laisser piétonne comme vient de le décider Anne Hidalgo ? L'opposition parisienne fluctue mais s'accorde sur un point : la maire PS de Paris s'est mise dans la "panade".

Chez Les Républicains et Indépendants, qui forment le principal groupe d'opposition au conseil municipal, le débat est engagé.

"Une partie des élus, et notamment de nombreux maires LR d'arrondissements, estiment que la décision du tribunal administratif (annulant la piétonnisation) est une victoire politique pour nous et qu'il faut rouvrir les berges aux voitures", dit un membre du groupe. Pour de "nombreux autres conseillers, souvent plus jeunes, les rouvrir serait un mauvais signal", ajoute-t-il.

Alors que des centaines de personnes se sont rassemblées samedi pour demander que les voies sur berges restent aux piétons et cyclistes, "il y a un accord partagé sur le principe d'une piétonnisation", indique la présidente du groupe LR Florence Berthout. Mais elle réserve toutes ses flèches à Anne Hidalgo qui "s'est mise dans la panade avec sa méthode autoritaire".

Et de demander, comme toute l'opposition, une consultation des Parisiens et un partenariat avec la Région Ile-de-France, dirigée par la LR Valérie Pécresse, et les communes voisines.

"On était contre, on reste contre", dit un élu, qui "ne veut pas emmerder les automobilistes".

"Nous ne sommes pas tous d'accord", dit le maire du VIe Jean-Pierre Lecoq, "mais qu'il y ait sur un sujet pareil des positions dissemblables ne me choque pas. C'est comme pour les questions de moeurs, il y a des positions assez clivées qui traversent les formations politiques".

Dans le VIIe arrondissement dont Rachida Dati est la maire, "ce que nous demandons, c'est qu'Anne Hidalgo applique la décision de justice", dit une élue. Un voeu a été voté mercredi en conseil d'arrondissement pour que l'accès aux voitures soit rouvert les "jours ouvrés" et un référendum local organisé.

Pour Pierre-Yves Bournazel, député "constructif" d'Agir ex-LR toujours dans le groupe, "on ne peut pas revenir en arrière. Je suis opposé au retour des voitures, mais je critique la méthode" d'Anne Hidalgo.

Garder les berges piétonnes est "une aspiration, au sens littéral du terme, des Parisiens qui veulent mieux respirer", assure de son côté Eric Azière, président du groupe UDI-MoDem, opposé au retour des voitures.

La piétonnisation a été "mal faite par la maire de Paris mais le mal est fait", il "faut repenser la totalité du projet, refaire une enquête publique, faire appel à des urbanistes", dit M. Azière, qui présentera ce voeu dans dix jours en Conseil de Paris.

"Je demanderai un scrutin public", dit-il, "il s'agit de la lutte contre la pollution, ce n'est pas un problème politique. Il va falloir que chacun prenne ses responsabilités".

Pour un autre opposant favorable à garder les berges piétonnes, la maire de Paris "essaiera de retourner un vote à son avantage, soit en nous obligeant à passer pour des ringards pro-bagnoles, soit à lui servir la soupe".

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