La justice administrative a relaxé Greenpeace et le capitaine de son navire Arctic Sunrise, poursuivis pour avoir immergé en mai 2025 quinze rochers dans une aire protégée de la Méditerranée pour y empêcher le chalutage de fond, s'est félicitée jeudi l'ONG.
La préfecture des Pyrénées-orientales réclamait à l'ONG et au capitaine du navire le paiement de 3.000 euros par bloc de calcaire largué, soit un total de 90.000 euros d'amendes, ainsi que le retrait des rochers sous astreinte financière.
Dans les motivations de son jugement, rendu le 16 juillet, le tribunal administratif de Montpellier rappelle que lorsqu'une contravention est commise dans le périmètre d'un parc naturel marin, "seul le directeur de l'Office français de la biodiversité, ou ses représentants, sont compétents pour engager les poursuites et saisir le tribunal administratif", et prononce donc la relaxe.
"Nous accueillons cette décision avec soulagement", a réagi dans un communiqué François Chartier, chargé de campagne Océans chez Greenpeace France. "Nous restons pleinement mobilisés pour renforcer la protection des aires marines protégées françaises, aujourd'hui insuffisante face aux activités de pêche les plus destructrices", a-t-il ajouté.
Le 21 mai 2025, à deux semaines du sommet de l'ONU sur les océans à Nice, Greenpeace avait déposé 15 blocs de calcaire dans le parc naturel marin du Golfe du Lion, afin de "dénoncer l'absence de protection effective des aires marines protégées françaises" et "appeler le gouvernement à y interdire le chalutage de fond".
La ministre de la Transition écologique de l'époque, Agnès Pannier-Runacher, avait alors jugé "profondément choquant" de déverser "plus de dix tonnes de gravats dans une aire marine protégée, sous prétexte de faire une campagne contre le chalutage de fond, à un endroit où les chaluts ne pénètrent pas".
Une semaine plus tard, la mairie de Nice et le préfet des Alpes-maritimes avaient pris un arrêté interdisant l'accès au port de Nice de l'Arctic Sunrise, invité comme une trentaine d'autres navires scientifiques d'ONG en marge du sommet de l'ONU.