L'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans pourra bien être "opérationnelle" dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, a assuré mardi la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, avant l'adoption définitive du texte attendue au Parlement en fin de journée.
Alors que certains émettent des doutes sur la possibilité de mettre en oeuvre si rapidement l'interdiction, la ministre a détaillé devant des journalistes les dispositifs de vérification d'âge qui devront être instaurés par les plateformes.
"On met la responsabilité sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire que c'est eux qui vont devoir trouver la solution technique pour faire vérifier l'âge", a rappelé la ministre devant l'Association de la presse ministérielle (APM).
"Le 1er septembre, ça peut être opérationnel parce que les outils de vérification de l'âge existent. C'est par exemple France Identité, c'est par exemple Docaposte, qui a une application", a-t-elle énuméré, en citant cette filiale de La Poste. Des solutions privées sont aussi développées.
Elle a rappelé que des dispositifs de vérification d'âge sont déjà en place pour limiter l'accès aux sites pornographiques.
L'interdiction prévue par le texte se fera en deux temps: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, et pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquera "à l'expiration d'un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.
"Nous allons, nous Français, tous devoir prouver notre âge pendant quatre mois. Si on a moins de 15 ans, le compte va être fermé", a expliqué Anne Le Hénanff.
Elle a également voulu rassurer sur la protection des données.
Le dispositif chargé de vérifier l'âge d'un utilisateur "ne saura pas pourquoi il a été sollicité, par quelle plateforme. Et le réseau social n'aura aucune information personnelle sur celui qui l'a sollicité", a-t-elle précisé. "Il n'y a pas de stockage ni de transfert de données."
Elle a pris l'exemple d'un utilisateur souhaitant s'inscrire sur un réseau social: il cliquera alors, par exemple, sur la solution proposée par Docaposte, qui vérifiera son âge et fera un retour au réseau social seulement "en disant oui ou non. C'est binaire", a-t-elle insisté.
Elle a également précisé que les plateformes devraient proposer plusieurs solutions aux utilisateurs pour vérifier leur âge afin de leur laisser le choix.
"On ne veut pas qu'il y ait qu'une seule proposition de technique de vérification d'âge", a-t-elle déclaré, en en préconisant "au minimum deux".
Promesse d'Emmanuel Macron et réforme phare de sa fin de mandat, cette interdiction aux moins de 15 ans devrait définitivement être adoptée à l'Assemblée en fin de journée, après un vote au Sénat un peu plus tôt.