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Rémunération des auteurs : les éditeurs veulent une étude d'impact

Le "rapport Racine", qui propose des pistes pour améliorer les revenus des artistes et auteurs, mérite une "étude d'impact" avant toute décision, a plaidé jeudi le Syndicat national de l'édition (SNE), alors que s'ouvre le Festival de BD d'Angoulême sur fond de grogne sans précédent des auteurs.

"Les conséquences économiques de ce rapport ne font, à ce stade, l'objet d'aucune mesure chiffrée. Une étude d'impact sera donc indispensable", a indiqué le SNE (qui rassemble notamment les principaux éditeurs de bande dessinée) dans un texte obtenu par l'AFP.

Le président du SNE, Vincent Montagne, par ailleurs président de Média-Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Urban Comics, Kana...), leader européen de la BD, doit déjeuner jeudi à Angoulême avec le chef de l'Etat Emmanuel Macron et une dizaine d'auteurs, dont Jul et Lewis Trondheim, pour évoquer la situation critique de nombreux dessinateurs et scénaristes de BD.

Le rapport Racine, commandé à l'ancien président de la Bibliothèque nationale de France par le ministre de la Culture Franck Riester, reconnait que la situation économique et sociale des auteurs est souvent dramatique.

53% des auteurs de BD vivent avec moins que le Smic, et plus d'un tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Les femmes sont encore plus mal loties: 50% des auteures vivent sous le seuil de pauvreté. L'accès des auteurs aux droits sociaux n'est pas toujours garanti.

Les représentants des auteurs font valoir que cette situation est intenable alors que le secteur de la BD est florissant.

Le marché de la BD, mangas et comics a connu une très forte croissance (+34% entre 2008 et 2018) et pesait 276 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018, selon les données du SNE.

Le rapport Racine, plutôt bien accueilli par les auteurs, suggère la création "d'un contrat de commande, qui pourrait rémunérer en droits d'auteur le temps de travail lié à l'activité créatrice". Il propose aussi de rémunérer la participation des auteurs à des salons ou des festivals comme celui d'Angoulême.

"Nous, éditeurs, acteurs de la création éditoriale, sommes conscients depuis longtemps qu'il faut trouver des réponses aux inquiétudes des auteurs, en tenant compte de la spécificité de chaque secteur éditorial", indique le SNE dans le texte transmis à l'AFP.

"Nous sommes favorables à avancer ensemble (avec les auteurs, ndlr) sur de nombreux sujets comme notamment la question de la transparence, le livre d'occasion, mais aussi la baisse du nombre de lecteurs", ajoute le texte.

Mais, met-il en garde, "dans ces discussions, il est essentiel de prendre en compte l'ensemble de la filière - l'auteur, l'éditeur, le diffuseur, le libraire et le lecteur - car c'est une chaîne dont tous les maillons sont fragiles et interdépendants".

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