Des fabricants de protections menstruelles réutilisables ont demandé au gouvernement l'application du décret établissant le remboursement des protections durables pour les femmes de moins de 26 ans et les plus précaires, adopté fin 2023 mais pas encore effectif.
"L'urgence sanitaire et sociale ne peut plus attendre. (...) Publiez ce décret", ont écrit Léocadie Raymond, Pauline de Sentenac et Marion Goilav, des dirigeantes d'entreprises fabriquant des protections durables, dans une lettre ouverte envoyée à plusieurs ministères le 13 janvier et consultée par l'AFP vendredi.
Le budget 2024 de la Sécurité sociale, adopté fin 2023, prévoyait le remboursement des protections menstruelles réutilisables (culottes et coupes) pour les assurées de moins de 26 ans, ainsi que pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sans limite d'âge.
Interrogée en mai dernier à l'Assemblée nationale sur ce sujet, la ministre en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, avait reconnu un "retard (...) pas acceptable" et avait affirmé que les engagements seraient tenus "avant la fin de l'année" 2025.
"Il ne manque ni le budget (voté), ni les produits (existants), ni la logistique. Le décret est rédigé. Nous sommes prêts à déployer ces solutions durables", affirment les co-rédactrices de la lettre.
"Pour l'heure, cette lettre (..) n'a reçu aucune réponse", assurent les trois dirigeantes.
En France, quatre millions de femmes manquent de protections périodiques, indiquait le gouvernement le 28 mai dernier, à l'occasion de la Journée mondiale de l'hygiène menstruelle.