Règles durcies pour le bivouac dans la plus haute réserve naturelle de France

La préfecture de Haute-Savoie a durci les conditions de bivouac au sein de la réserve naturelle des Contamines-Montjoie, la plus haute réserve naturelle de France dans le massif du Mont-Blanc, face à une fréquentation en hausse "significative".

Du 15 juin au 15 septembre, le bivouac, qui consiste à passer une seule nuit en pleine nature dans une installation sommaire, souvent dans le cadre d'une randonnée itinérante, est désormais interdit dans les zones en dessous de 2.500 mètres et dans les zones sensibles pour les habitats naturels et la faune.

Il reste toléré entre 19H00 et 9H00 dans deux aires dédiées, d'une capacité de 40 et 50 tentes, précise l'arrêté daté de jeudi.

Une aire de loisirs est également disponible, précise sur son site le gestionnaire de la réserve, Asters, selon lequel environ 200.000 personnes fréquentent l'été cette réserve naturelle au coeur du massif du Mont-Blanc.

La préfecture relève de son côté une "augmentation significative" de la fréquentation, qui "s'accompagne d'un développement insuffisamment maîtrisé du bivouac, à l'origine de nombreuses infractions".

"La pratique du bivouac s'est fortement développée ces dernières années, et notamment sur les itinéraires du Tour du Mont-Blanc. Le bivouac est devenu une activité à part entière pour certains visiteurs, générant ainsi des nuisances sonores, de la pollution par les déchets et les toilettes sauvages, ainsi qu'une érosion et dégradation des habitats naturels fragiles", note de son côté la mairie des Contamines-Montjoie dans un communiqué.

"La fréquentation croissante génère également des conflits d'usage avec les activités pastorales présentes dans la réserve naturelle", signale encore la mairie.

Le développement de la pratique du bivouac questionne de nombreux acteurs de la montagne.

Le Parc national des Ecrins a ainsi réalisé en avril une consultation publique en ligne sur la question, alors qu'un projet d'arrêté sur la réglementation du bivouac au coeur de son territoire est "en travaux".

Grâce à des étude réalisées en 2021 et 2025, le Parc a établi que la fréquentation en bivouac "a été multipliée par deux" en quatre ans, avec par exemple "jusqu'à 215 tentes par nuit" recensées au lac de la Muzelle.