L'expérimentation de la réforme du RSA a permis d'améliorer l'accès à l'emploi des personnes davantage accompagnées mais a été sans effet sur l'emploi en général car l'accompagnement des autres demandeurs d'emploi en a souffert, selon une étude publiée mardi.
Cette expérimentation menée entre mars 2023 et fin 2024 s'est traduite par un accompagnement renforcé des bénéficiaires du RSA, qu'ils soient suivis par France Travail, les départements ou par les deux.
Le taux de retour en emploi est 25% supérieur chez ceux ayant bénéficié de cet accompagnement renforcé que chez les autres, a expliqué Lucie Briand, une des autrices de l'étude co-publiée par l'Institut des politiques publiques (IPP) et la Dares, le département des études du ministère du Travail.
"Cet effet est fortement tiré par l'accès à des contrats aidés, le taux d'emploi salarié aidé double par rapport à avant l'expérimentation", a-t-elle précisé.
Les contrats aidés permettent à l'employeur de bénéficier d'aides pour diminuer le coût de l'embauche.
Mais au sein des zones d'expérimentation, élargie à l'ensemble du territoire au 1er janvier 2025, cette amélioration a été contrebalancée par "une dégradation des perspectives d'emploi pour les non-participants", qu'ils soient bénéficiaires du RSA ou autres demandeurs d'emploi, dont l'accompagnement a été réduit, France Travail ayant mis en oeuvre la réforme à moyens constants.
"Les bénéfices qui ont été observés pour les participants sont compensés par une dégradation des perspectives d'emploi pour les non-participants, de sorte que l'évaluation globale de l'expérimentation ne permet pas de mettre en évidence d'effet net positif sur l'emploi salarié total", a expliqué Lucie Briand.
Les chercheurs ont toutefois souligné que leurs résultats n'étaient "pas transposables mécaniquement à ce qui se passe depuis janvier 2025" avec la loi plein emploi qui a généralisé cet accompagnement renforcé à l'ensemble des bénéficiaires du RSA.
Depuis cette date, les procédures d'orientation des bénéficiaires ont évolué, un nouveau système de sanctions a été introduit et des contraintes budgétaires ont réduit le nombre d'emplois aidés.
Enfin, le cadre temporel de l'étude n'a pas permis de mesurer si les emplois aidés avaient constitué pour leurs bénéficiaires un marchepied vers des emplois non aidés et pérennes.