Recyclage et réemploi des vêtements représentent un "gisement" de compétitivité, estime un ministre

La "mode circulaire", qui permet de valoriser les textiles et chaussures usagés, pourrait générer un chiffre d'affaires de "plus de 30 milliards d'euros d'ici 2030", a déclaré jeudi le ministre délégué à la Transition écologique, alors que la filière est en train de se structurer.

Ce secteur est un véritable "levier de compétitivité" pour la France, a poursuivi Mathieu Lefèvre lors de l'évènement Circular Fashion Day à Paris, "puisqu'on estime qu'il y a un gisement de plus de 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2030 et plus de 88.000 emplois qui sont possibles grâce à l'activation de cette filière économique".

En France, près de 900.000 tonnes de vêtements, linge de maison et chaussures ont été mises sur le marché en 2024, un chiffre considérable, qui pose des défis en termes de gestion des déchets.

En 2007, la France a mis en place une filière dite à responsabilité élargie du producteur (REP) qui, désormais, sur le principe du "pollueur-payeur", permet de collecter une éco-contribution financière auprès de chaque marque qui commercialise en France ce type de produits.

Cette collecte a été confiée à l'éco-organisme Refashion qui compte sur un budget d'1,2 milliard d'euros sur la période 2023-2028. Cette manne doit financer la collecte, le recyclage, la réparation ou le réemploi des vêtements, linge de maison et chaussures usagés.

Le gouvernement a annoncé en avril souhaiter flécher une partie substantielle de ces contributions financières vers la structuration d'une filière industrielle du recyclage textile en France.

Un nouveau cahier des charges de cette filière est donc à l'étude et devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2027, a indiqué le ministère de la Transition écologique jeudi à l'AFP.

Par ailleurs, Mathieu Lefèvre s'est exprimé jeudi sur la proposition de loi visant à freiner l'essor de l'ultra fast fashion, indiquant que "le gouvernement allait convoquer dans les prochaines semaines" la commission mixte paritaire, l'étape finale nécessaire entre des députés et sénateurs pour trouver un accord définitif.