Pyrénées-Atlantiques: un hôpital public veut lever 1,5 million d'euros via un "emprunt citoyen"

Le centre hospitalier de la côte Basque lance mercredi un "emprunt citoyen": il propose aux habitants d'investir pour participer au "fonctionnement courant" de l'établissement et espère lever ainsi 1,5 million d'euros, la plus grosse opération du genre en France.

L'établissement "propose aux citoyens de participer directement au financement de ses besoins de trésorerie liés aux achats indispensables aux soins: médicaments, dispositifs médicaux, vaccins ou matériel de prélèvement", écrit dans un communiqué le centre hospitalier, établi sur plusieurs sites notamment à Bayonne et Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).

L'hôpital a besoin d'acheter, très régulièrement, des "ressources indispensables" aux prises en charge, des "dépenses immédiates (...) alors même que les financements institutionnels interviennent selon un calendrier différé", explique-t-il.

Chaque habitant peut placer son argent à partir de 1 euro. "Son capital lui est remboursé au terme de 12 mois", en une fois, "assorti d'un taux d'intérêt fixe de 3,1% brut annuel", une rémunération "supérieure à celle de certains livrets réglementés" (comme le Livret A, NDLR), souligne le centre hospitalier.

L'opération est réalisée via la startup Villyz, plateforme spécialisée dans ce type de financement participatif et aggréée par l'Autorité des marchés financiers. Ce financement s'ajoute aux emprunts contractés auprès des "partenaires bancaires traditionnels".

Le centre hospitalier y voit un modèle "vertueux". "D'un côté, les épargnants placent leur argent dans un produit utile, lisible et local, dont ils connaissent précisément l'impact ; de l'autre, le centre hospitalier diversifie ses sources de financement, tout en renforçant son ancrage territorial", se réjouit-il.

La plateforme Villyz a ouvert l'an dernier ce mode de financement aux hôpitaux et se revendique comme le seul acteur qui le propose. L'entreprise empoche uniquement "des frais de dossier qui dépendent du montant levé", de l'ordre de "quelques milliers d'euros" mais pas de frais d'investissement, assure son président Arthur Moraglia.

Plusieurs campagnes ont atteint leurs objectifs, notamment pour remplacer un millier de fenêtres à l'hôpital de Haguenau (Bas-Rhin), ouvrir des lits d'hospitalisation à Eure-sur-Seine (Eure), acquérir du matériel d'imagerie médicale à l'hôpital de Fréjus/Saint-Raphaël, ou pour deux Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la vallée de la Roya. Les montants étaient toutefois inférieurs à celui attendu dans les Pyrénées-Atlantiques.

Une autre campagne est en cours pour créer une "Maison des femmes Santé" dédiée aux victimes de violences conjugales au CHU de Limoges.

Ces opérations s'inscrivent dans un contexte financier tendu: le déficit des hôpitaux à atteint "2,7 à 2,9 milliards d'euros" en 2024, se creusant à un niveau record depuis 2005, selon la Direction des statistiques des ministères sociaux (Drees).