Supprimer les certificats d'économie d'énergie (CEE) dans l'espoir de faire baisser les prix des carburants est une idée "illusoire" et "dangereuse", dénoncent samedi des organisations professionnelles dans le quotidien La Tribune.
"Si l'idée est illusoire (car supprimer ces CEE n'aurait que peu ou pas d'effet sur les prix en station), elle est surtout dangereuse et extrêmement contre-productive", ont estimé ces 18 organisations dans une tribune rédigée en commun.
Les CEE sont un mécanisme obligeant les fournisseurs d'énergie à financer ou susciter des économies d'énergie. Ces entreprises, qui se voient fixer un objectif chiffré par l'État, contribuent de cette manière à la réduction de la consommation d'énergies fossiles.
Le calcul des partisans de la suppression de ces certificats est que des fournisseurs de carburants, TotalEnergies principalement, une fois libérés de cette charge, pourraient vendre l'essence et le gazole moins cher.
Les 18 organisations professionnelles hostiles à cette idée sont actives dans le bâtiment et son équipement, les énergies renouvelables, l'électrification, les technologies énergétiques et d'autres secteurs qui bénéficient des CEE. "On a entendu jusqu'à 25 centimes du litre", ont-elles rappelé, sans donner de nom de "personnalités publiques" qui plaident pour cette "solution mirage".
L'idée d'une suppression des CEE est partagée principalement par des élus à droite du gouvernement, notamment chez Les Républicains et au Rassemblement national.
Michel-Édouard Leclerc (Centres E. Leclerc), comme d'autres responsables de la grande distribution, souhaite une suspension des CEE, afin de faire redescendre temporairement le prix à la pompe.
Le gouvernement et une bonne partie de l'opposition de gauche défendent en revanche les CEE. Le ministre des PME Serge Papin voyait en septembre "un côté démagogique" dans les appels à les supprimer.
"Vouloir affaiblir le dispositif des CEE, c'est oublier qu'il finance 8 à 10 milliards d'euros d'aides à la transition énergétique, à l'électrification, à la réduction de nos consommations d'énergie et à la lutte contre la précarité énergétique", ont affirmé les organisations professionnelles.
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