Le nouveau navire de la fondation Tara Océan est revenu au port de Cherbourg après huit mois de tests dans l'Arctique, avant d'entamer sa première mission scientifique en juillet 2026, a annoncé jeudi son directeur.
Le Tara Polar Station, une base scientifique conçue spécialement pour étudier l'Arctique, a été achevée en avril 2025 par les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN).
"Nous sommes agréablement surpris, ce bateau est très bien né" a déclaré lors d'une visite de presse le directeur général de la fondation, Tara Romain Troublé, pour qui "les tests ont été très bons".
Le navire, conçu pour être piégé dans la banquise, est revenu le 29 janvier au port de Cherbourg pour quelques améliorations après huit mois de tests.
Ce voyage inaugural s'est déroulé en trois phases: près de l'archipel norvégien du Svalbard, en Islande, Norvège et Danemark puis deux mois d'hiver dans le golfe de Finlande.
Le laboratoire flottant entamera sa première mission en juillet 2026 pour aller dériver, prisonnier des glaces, dans la banquise du pôle Nord pendant quatorze mois à une vitesse moyenne de 10 km par jour.
Dix expéditions du même type sont prévues entre 2026 et 2045.
Le navire embarquera 12 personnes en hiver et 18 en été, dont six membres d'équipage et des scientifiques d'un consortium de 40 instituts venant de 15 pays différents.
Ce projet doit "décrire les écosystèmes et leur dynamique, inventer des outils, fournir des données" sur l'océan Arctique, selon M. Troublé, un territoire "sentinelle" où le changement climatique évolue "trois à quatre fois" plus vite qu'ailleurs.
Les trois millions d'euros de fonctionnement annuel sont financés par des entreprises et des donateurs particuliers, a dit Romain Troublé.
Le chantier CMN a fait face à des "injonctions contradictoires" pour construire ce navire, entre le respect du règlement maritime, le confort des occupants et la praticité pour la recherche scientifique, a expliqué Ludovic Marie, chef de projet aux chantiers CMN.
"La nuit polaire c'est la tempête, du moins 40°C, ça caille" a reconnu Carole Pire, pompière, intendante, matelot et seule cuisinière à bord, qui sera également de la mission de juillet.
Vivre sur ce bateau est "incroyable" s'est-elle réjouie devant la fenêtre de son poste de travail, "ma vue est pile dans l'axe du navire, une vue de 'ouf'".