La canicule installée sur la France en cette fin mai ne présente pas de risque pour la vigne à ce stade, mais elle intervient dans une année de floraison très avancée qui annonce de nouveau des vendanges précoces, a indiqué Bernard Farges, du Comité national des interprofessions des vins (CNIV).
"C'est encore une fois le révélateur du changement climatique", a dit le président du CNIV à l'AFP.
Cette vague de chaleur ne présente pas de risque pour le raisin, encore au stade de mini grappes, voire "a des effets positifs sur l'état sanitaire", a-t-il expliqué. Les nuits restent fraîches et il a aussi plu ces dernières semaines.
"Cet épisode, caniculaire pour le mois de mai, n'est pas insurmontable. Il faut évidemment que le travail dans les vignes se fasse très tôt le matin, parce que pour tous ceux qui travaillent dans les vignes c'est difficile. (Mais) la vigne elle-même aime le sec, le chaud, le soleil", souligne-t-il.
En revanche cet épisode intervient dans une année où le cycle de la vigne "est déjà précoce dans tous les vignobles, avec des (signalements) d'avance de floraisons et de débourrements... Ce qui va nous conduire à des vendanges encore plus précoces que ce qu'on a connu ces dernières années", ajoute M. Farges.
"Les dates de floraison conduisent physiologiquement à des dates de récoltes une centaine de jours après. Or les floraisons ont été très très précoces: autour du 15 mai dans les endroits les plus précoces, 15- 20 mai dans les zones du sud-est, 20 mai autour du bordelais...", dit-il encore. "On a des vendanges qui seront début août dans certains endroits."
Selon lui, beaucoup de vendanges vont donc se dérouler en août, avec "toutes les difficultés de recrutement" que cela implique mais aussi une veille particulière à exercer sur les salariés comme sur le raisin quand s'installent les fortes températures aoutiennes.