Une valeur sanitaire maximale a été publiée lundi par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour le fluopyram, un fongicide détecté dans l'eau potable d'une vingtaine de communes des Hauts-de-France, et celle-ci confirme "l'absence de risque" des teneurs relevées, selon les autorités.
L'Anses a fixé la valeur sanitaire maximale du fluopyram à 8,8 microgrammes par litre d'eau, un niveau au-delà duquel la consommation pourrait présenter un risque pour la santé, d'après un communiqué commun de l'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France et des préfectures du Nord et du Pas-de-Calais.
Jusqu'à présent, aucune valeur maximale dans l'eau (Vmax) de ce fongicide n'avait été fixée.
Le contrôle sanitaire de l'eau du robinet réalisé par l'ARS a identifié des traces de fluopyram dans l'eau dans trois communes du Nord et 23 du Pas-de-Calais.
Toutefois, "tous les résultats enregistrés sont très largement inférieurs à la valeur sanitaire maximale fixée par l'Anses", soulignent les autorités.
"Les concentrations observées sont cinq à 50 fois inférieures à cette valeur", ce qui "confirme que l'eau peut être consommée sans risque pour la santé".
Le rapport de l'ANSES rappelle par ailleurs que le fluopyram n'est "pas cancérogène, mutagène ou reprotoxique", c'est-à-dire qu'il n'altère pas la fertilité ou le développement de l'enfant à naître, relèvent encore les autorités.
Les teneurs en fluopyram toutefois dépassent "la limite de qualité de 0,1 microgramme par litre" dans les 26 communes concernées, admettent les autorités.
La réglementation prévoit que les organismes responsables de la distribution de l'eau "réalisent les travaux nécessaires pour abaisser la concentration sous cette limite dans un délai de trois ans", détaillent-elles.
L'ONG Générations Futures avait alerté en janvier sur les taux de concentration de ce fongicide dans l'eau potable de plusieurs dizaines de milliers d'habitants des Hauts-de-France, les considérant comme trop élevés, d'après des mesures réalisées depuis plus d'un an.
Le fluopyram, destiné à détruire des champignons parasites, est contenu dans de nombreux produits commercialisés en France pour la culture de fruits, légumes, céréales ou pommes de terre.
Générations Futures soulignait que ce fongicide "fait partie de la famille chimique des PFAS" et "se dégrade lentement en TFA", un "polluant éternel" omniprésent dans l'environnement.