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Politique

Pour la première fois, la Chine vise la neutralité carbone d’ici 2060 

Le président chinois Xi Jinping lors de la 75ème Assemblée générale de l'ONU le 22 septembre 2020.
Brian Smith / Sputnik / Sputnik via AFP

Le président chinois Xi Jinping a annoncé le 22 septembre lors de la 75ème Assemblée générale de l'ONU que le pays s’engageait à la neutralité carbone d’ici 2060. C'est une première.

Tandis que les Etats-Unis de Trump régressent sur le plan climatique, le président chinois Xi Jinping a surpris ce mardi. Devant l'Assemblée générale de l'ONU qui se tient de façon virtuelle du 22 au 29 septembre, il a annoncé pour la première fois que la Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, s'engageait dans un objectif de neutralité carbone d'ici 2060. 

En plus de vouloir "commencer à faire baisser les émissions de CO2 avant 2030", il a également précisé que Pékin allait accroître ses engagements climatiques dans le cadre de l'accord de Paris. "Tous les pays doivent prendre des mesures décisives pour honorer cet accord", a rappelé Xi Jinping, visant implicitement Donald Trump et les Etats-Unis qui doivent s'en retirer dans le courant du mois de novembre. 

Un objectif salué par les experts

Selon les experts, l'objectif chinois ne semble pas trop illusoire. Bien que moins ambitieuse que l'échéance 2050 adoptée par nombre de pays membres, la date de 2060 a été saluée comme un pas majeur pour faire avancer l'accord de Paris.

"Le diable est dans les détails et la Chine devra fixer des objectifs spécifiques à court terme, ainsi qu'une date de pic plus rapprochée (le plafond de 2030 pour la réduction des émissions, nldr), mais la voie prise par la Chine pour un avenir à zéro carbone se précise", a estimé Helen Mountford, vice-présidente du World Resources Institute auprès de l'AFP. Jean-Pascal van Ypersele, climatologue belge et ancien vice-président du Giec a pour sa part déclaré que l'annonce chinoise est "très importante", prévenant toutefois que le pays devrait être "cohérent", notamment en arrêtant de financer des centrales au charbon ou d'autres infrastructures aux énergies fossiles en Afrique.

La date la plus "réaliste" pour l'accord de Paris

Les engagements pris par les pays membres de l'accord de Paris sont fixés librement. Cependant, ils les engagent et doivent être régulièrement revus à la hausse.

Le prochain cycle de relèvements est jugé crucial pour infléchir réellement la courbe mondiale des émissions et limiter le réchauffement de la planète. Car réduire à zéro les rejets nets de carbone dans l'atmosphère d'ici le milieu du siècle est indispensable pour limiter à 1,5 °C le réchauffement de la planète, par rapport à la fin du 19ème siècle. En Chine, 2060 "est sans doute la plus proche date réaliste", convient Neil Hirst, chercheur à l'Imperial College London auprès de l'AFP. "C'est un grand défi qui impliquera l'arrêt ou la rénovation d'un grand nombre de centrales à énergies fossiles relativement modernes", pointe-t-il.

Le bémol des objectifs annoncés pour les experts : la date de 2030 comme échéance pour faire baisser les émissions. Elle semble peu ambitieuse compte tenu du fait que la Chine était déjà en bonne voie sur ce point en raison de la croissance rapide des énergies renouvelables dans le pays.

Donald Trump, vexé par la Chine

Côté américain, le président des États-Unis Donald Trump n'a pas manqué de répondre à son homologue chinois toujours devant les Nations unies. Il a notamment accusé la Chine de "jeter des millions et des millions de tonnes de plastique et de déchets dans les océans", ainsi que d'autres violations environnementales. Il a également rappelé que les émissions de CO2 américaines avaient baissé l'an passé. 

L'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, a répondu que les États-Unis n'avaient de leçon à donner à personne : "Ce sont eux qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto, eux qui sont sortis de l'accord de Paris".

Malgré la baisse des émissions américaines, Donald Trump, en retirant son pays de l'accord et en démolissant plusieurs piliers du plan climatique de Barack Obama, a considérablement ralenti les progrès des États-Unis. L'avenir de l'accord de 2015 sera en partie déterminé par l'élection présidentielle américaine du 3 novembre. Le candidat démocrate, Joe Biden, a promis de redevenir signataire, et d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Avec AFP.

 

En partenariat avec BFM Business : revoir la chronique ici.

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