La France, qui a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, rentre dans le rang d'une Union européenne dont le solde naturel est négatif depuis une décennie.
Selon les chiffres compilés par Eurostat, le solde naturel de l'Union européenne (Royaume-Uni compris jusqu'en 2020) est devenu négatif en 2015. Depuis 2020, le nombre de décès dans l'Europe des 27 est même devenu supérieur, chaque année, de plus d'un million à celui des naissances.
La France est le dernier grand pays de l'UE à basculer en négatif.
Depuis sa réunification en 1990, l'Allemagne a toujours connu moins de naissances que de décès, tandis que le solde naturel italien est passé en négatif en 1993, le solde polonais en 2013 et le solde espagnol en 2015, précise Eurostat.
Selon les chiffres les plus récents d'Eurostat, en 2024, la France, l'Irlande, la Suède, Chypre, le Luxembourg et Malte étaient les seuls pays de l'Union à afficher un solde naturel positif, soit six pays sur 27. Le Danemark est lui à l'équilibre.
- Baisse attendue de la population -
En France comme chez ses voisins, le basculement en négatif du solde naturel résulte à la fois d'une baisse de la fécondité et d'une hausse de la mortalité, dans une Europe où les "baby-boomers", génération nombreuse née après la Seconde Guerre mondiale, sont depuis longtemps entrés dans le troisième âge.
Selon Eurostat, le nombre de naissances chez les Vingt-Sept a chuté de 15% entre 2013 et 2023, tandis que le nombre de décès augmentait de 10%.
Sur la même période, le taux de fécondité dans l'UE a baissé de 1,5 à 1,4 enfant par femme.
Si la France n'échappe pas à cette baisse, son taux de fécondité, passé de 2 à 1,6 entre 2013 et 2023 (1,56 en 2025 selon l'Insee), reste l'un des plus élevés dans l'Union européenne, selon Eurostat, bien supérieur à ceux de l'Allemagne (1,4 en 2023), de l'Italie (1,2), de la Pologne (1,2) et de l'Espagne (1,1).
Malgré un solde naturel négatif depuis une décennie, la population de l'Europe des 27 a continué à augmenter ces dernières années, tirée par un solde migratoire positif.
Mais selon ses dernières projections publiées en 2023, l'Union européenne s'attendait, dans son scénario central, à atteindre un pic de population en 2026, avant d'entamer une lente décrue à partir de 2027.