Les collectivités locales ont lancé 437 projets de transformation de zones commerciales d'entrée de ville, aussi qualifiées de "France moche" par certains, mais ces opérations ne sont encore que des ébauches pour la plupart, selon une étude publiée mercredi.
Les projets identifiés représentent une surface totale de 8.606 hectares, soit plus que la ville de Strasbourg, selon la seconde édition du baromètre des entrées de ville commerciales, réalisé par le groupe immobilier Icade et la SCET, deux filiales de la Caisse des Dépôts, bras financier de l'Etat.
A dominante marchande, conçues autour de l'usage de la voiture et situées en périphérie des centres-villes, ces zones commerciales et leur transformation constituent un enjeu économique et écologique majeur à mesure que le foncier se raréfie.
La première édition du baromètre avait identifié 80.000 hectares, répartis sur 3.800 sites, présentant un "potentiel de transformation" et pouvant permettre de créer 1,6 million de logements.
Parmi les projets recensés par Icade et la SCET, 56% sont des projets "au stade de l'intention" et 34% à l'étude. Seule une opération sur dix a entamé des actions concrètes.
"Aménager une entrée de ville prend beaucoup de temps. Entre le moment ou l'élu se dit qu'il va faire quelque chose et la livraison du projet, il se passe 10 à 15 ans", souligne auprès de l'AFP Christophe Lasnier, directeur général adjoint de la SCET.
Il ajoute que les projets ne sont actuellement pas assez avancés pour savoir exactement combien de logements seront créés.
Sur les 79 sites accompagnés dans le cadre du Plan de transformation des zones commerciales (PTZC) lancé par le gouvernement, "on estime aujourd'hui un potentiel de 25.000 nouveaux logements"", indique Christophe Bouillon, président de l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et maire de Barentin, cité dans l'étude.
La majorité des projets lancés concernent de petites zones de moins de 3 hectares, et un quart font plus de 15 hectares.
"C'est plus compliqué de faire bouger les plus grandes surfaces commerciales" et notamment "les supermarchés", qui "génèrent beaucoup d'activité économique, beaucoup d'emplois et drainent une zone de chalandise énorme", explique Christophe Lasnier.
Les élus locaux se saisissent du sujet, se réjouit Charles-Emmanuel Kuhne, directeur général d'Icade Promotion : parmi les 1.000 élus interrogés par l'institut Quorum pour le baromètre, 80% répondent oui à la question "La transformation des entrées de ville doit-elle être une priorité de votre mandat ?".
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