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Placement en redressement judiciaire pour l'usine Alteo de Gardanne

Le tribunal de commerce a placé jeudi en redressement judiciaire l'usine d'alumine Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), dont les rejets en mer sont régulièrement pointés du doigt, et qui subit une "baisse brutale" de ses commandes.

"Le tribunal de commerce de Marseille a ouvert une procédure de redressement judiciaire au bénéfice d'Alteo, ouvrant ainsi une période d'observation d'une durée de six mois, renouvelable", a précisé dans un communiqué le leader mondial de l'alumine de spécialités.

La prochaine audience aura lieu le 23 janvier 2020 pour faire le point sur la situation, ajoute-t-elle.

Le procureur de Marseille a confirmé le placement en redressement judiciaire d'Alteo Gardanne et une procédure de sauvegarde pour la holding Alteo.

"Cette période d'observation nous permettra de définir, en collaboration avec les salariés et les administrateurs judiciaires, les mesures nécessaires pour assurer la pérennité de notre activité et la préservation des emplois", a déclaré le président d'Alteo Frédéric Ramé, cité dans le communiqué.

Alteo revendique un chiffre d'affaires de 242 millions d'euros et emploie 480 salariés à Gardanne. Les alumines qu'elle produit sont utilisées, entre autres, dans les matériaux de construction tels que le carrelage, dans les composants de produits high-tech comme les écrans de smartphone ou de télévision.

"C'est la décision que l'on espérait, même si l'inquiétude persiste. Cela ne veut pas dire qu'on est sorti d'affaire", a commenté Martin Garcia, secrétaire adjoint du syndicat CGT: "On espère en savoir plus sur les chiffres car on a l'impression que l'entreprise ne nous a pas tout dit".

A l'issue de l'audience jeudi midi, M. Ramé avait expliqué que depuis l'été, "l'entreprise avait connu un fort ralentissement des ventes qui malheureusement s'était accentué ces dernières semaines".

"La période de croissance s'est retournée brutalement, ce qui a mis la trésorerie de l'entreprise sous forte pression", avait-il indiqué, évoquant "une baisse des ventes en novembre de 30%".

Depuis quelques années, l'usine fait l'objet de vives critiques pour ses rejets en mer, dans le parc national des calanques, près de Marseille, et pour l'entreposage sur terre, près du site de Gardanne, de déchets solides.

En 2018, la justice a réduit de deux ans, à fin 2019, le délai accordé à l'usine pour mettre ses rejets liquides en conformité avec les normes environnementales. Depuis fin 2015, l'usine a cessé ses rejets en mer de "boues rouges" solides chargées d'arsenic et de cadmium.

"On ne veut pas opposer les problématiques environnementales à celles de l'emploi, mais il est hors de question de sacrifier un seul emploi. Plus de 55 millions d'euros ont été investis depuis 2012 pour répondre aux normes environnementales", avait prévenu avant le début de l'audience Harold Peillous, secrétaire CGT.

La direction d'Alteo avait de son côté souligné les "énormes progrès" réalisés par l'entreprise, indiquant qu'"un certain nombre d'investissements sur l'environnement" avaient été effectués. "On va travailler sur l'ensemble de ces sujets avec l'administrateur judiciaire qui sera nommé", s'était défendu M. Ramé.

Ancien site de production d'alumine de Péchiney et du géant minier anglo-australien Rio Tinto, l'usine créée en 1894 a été rachetée en 2012 par le fonds d'investissement américain HIG et rebaptisée Alteo. Le groupe Alteo dispose également de sites en Asie.

est/iw/mdm/sl

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