La France subit depuis le 28 juillet sa troisième vague de chaleur de l'été, partie pour être l'une des plus longues jamais enregistrées dans le pays, après un premier épisode de températures élevées particulièrement précoce fin mai. Du pic à la vague en passant par l'intensité, petit lexique du mercure qui s'envole.
Pic et vague de chaleur
Si les termes vague de chaleur, pic de chaleur ou canicule sont parfois utilisés de manière indifférenciée dans le langage courant, Météo-France donne des définitions précises pour chaque type d'événement.
Une vague de chaleur est "un épisode de températures nettement plus élevées que les normales pendant plusieurs jours". Elle est définie à l'échelle nationale.
Pour identifier une vague de chaleur, les météorologues s'appuient sur l'indicateur thermique national (ITN), une moyenne des mesures quotidiennes de température de l'air dans 30 stations météorologiques réparties sur le territoire national.
L'ITN a atteint 28,7°C jeudi, qui devient la journée la plus chaude et constitue avec mercredi le deuxième pic d'intensité de cette vague de chaleur après le 29 juillet.
Plus court, un pic de chaleur désigne quant à lui un épisode bref (24 à 48H00) "durant lequel les températures sont nettement supérieures aux normales de saison". Il peut s'évaluer localement ou nationalement.
Depuis 1947, la France a subi 54 vagues de chaleur, la moitié d'entre elles s'étant produites après 2010, dans un contexte de réchauffement climatique causé par les activités humaines.
Durée, intensité, sévérité
Une vague de chaleur débute si l'ITN atteint ou dépasse 25,3°C pendant une journée et que la température moyenne nationale reste supérieure ou égale à 23,4°C pendant au moins trois jours consécutifs, explique Météo-France.
L'épisode de fin mai 2026, bien que notable, ne remplissait pas ces critères.
Une vague de chaleur prend fin lorsque l'ITN descend sous 23,4°C pendant au moins trois jours d'affilée, ou "ponctuellement" sous 22,4°C.
Pour qualifier l'importance d'une vague de chaleur, Météo-France regarde trois critères : durée, intensité (niveau des températures atteint pendant la vague) et sévérité.
Ce dernier critère prend en compte toute "la chaleur accumulée" pendant l'épisode, c'est-à-dire "la somme des températures au-dessus du seuil (de déclenchement) de la vague de chaleur" pendant toute sa durée, précise Météo-France.
La vague de chaleur que subit actuellement la France a dépassé à compter de ce jeudi en durée celle de 2003, avec 17 jours de fortes chaleurs sur le pays, contre 16.
A ce jour, 2003 reste toutefois la vague de chaleur la plus sévère connue en France, celle de fin juin 2026 la plus intense et celle de juillet 1983 la plus longue (23 jours).
Canicule
Une canicule désigne "un épisode de températures élevées de jour comme de nuit sur une période prolongée (au moins 3 jours) qui est susceptible de constituer un risque sanitaire, notamment pour les personnes fragiles ou surexposées".
Contrairement aux "vagues de chaleur", les seuils de température et de durée varient selon les départements, en fonction des habitudes locales.
A Toulouse par exemple, Météo-France parle de canicule "quand, durant 3 jours et 3 nuits, les températures maximales seront supérieures à 36°C et les températures minimales supérieures à 21°C".
A Paris, cela intervient avec des maximales supérieures à 31°C et des minimales supérieures à 21°C, alors que dans le Nord, c'est 33°C pour les maximales et 18°C pour les minimales, selon un rapport de Santé publique France en 2011.
Vigilance
Créée en 2001, la vigilance de Météo-France vise à attirer l'attention sur les dangers potentiels d'une situation météorologique.
Elle concerne neuf types de phénomènes (vent, orages, vagues-submersion, crues, pluie-inondation, grand froid, canicule, avalanches, neige-verglas).
Le niveau de vigilance (vert, jaune, orange, rouge) est établi en fonction de l'intensité des phénomènes météo attendus et de ses possibles impacts sanitaires.
Ce jeudi et vendredi, Météo-France a étendu la vigilance orange canicule à 80 départements, soit la quasi-totalité du territoire métropolitain à l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune. Les critères peuvent varier d'un département à l'autre.