PFAS: Plaine Commune "défavorable" au projet de filtration de l'eau du Sedif

Le territoire de Plaine Commune (Seine-saint-Denis), a voté un "avis défavorable" au projet de filtration de l'eau du syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif), dont elle fait partie, estimant qu'il ne résolvait pas la problématique des "polluants éternels" ou PFAS et qu'il allait coûter trop cher aux usagers.

"Mardi soir, le conseil territorial de Plaine Commune a adopté un avis défavorable sur le projet d'osmose inverse basse pression (OIBP) porté par le Sedif et Veolia pour l'usine de Neuilly-sur-Marne (Seine-saint-Denis), a indiqué Plaine Commune jeudi dans un communiqué.

Ce projet d'envergure, une vitrine pour le géant des services à l'environnement, vise à moderniser les trois principales usines d'eau potable du Sedif, en ajoutant un traitement de filtration membranaire pour décontaminer l'eau d'un maximum de micro-polluants, et autant que possible, des "polluants éternels" ou PFAS.

Ces molécules chimiques per- et polyfluoroalkylées (PFAS), abondamment utilisées dans l'industrie et la fabrication d'objets de grande consommation, contaminent ensuite eaux et sols, et laissent craindre des effets délétères pour la santé selon plusieurs études: augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement du foetus, notamment.

C'est d'ailleurs un des arguments de poids brandis par le Sedif pour défendre ce projet : "c'est un process que nous mettons en place pour avoir de l'eau pure. Et cette eau pure, elle procède d'ailleurs d'une volonté de s'adapter aux règles européennes sur la santé", a déclaré à l'AFP le tout nouveau président du Sedif, Richard Dell'Agnola.

Mais ce que conteste Plaine Commune, ce sont principalement les incidences environnementales en aval et le coût du projet pour les quatre millions d'usagers, de la technologie retenue, qui nécessite un milliard d'euros d'investissement.

L'OIBP, dont la mise en oeuvre entraînerait, selon Plaine Commune, "une augmentation d'environ 30% des factures d'eau, supportée par les usagers", "déplace le problème, (...) parce qu'elle filtre l'eau de micro-polluants" pour le robinet des usagers, "mais elle les rejette dans l'eau ensuite" en aval, a déclaré à l'AFP Mohamed Awad, conseiller territorial en charge de l'eau dans la ville et du retour en régie publique de l'eau.

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