Les professionnels de la gestion des déchets, en charge notamment des décharges et des incinérateurs, ont réclamé lundi à l'Etat un "cadre réglementaire" au sujet des "polluants éternels" ou PFAS, qui inquiètent toujours plus pour leurs effets potentiels sur la santé.
Cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages...: ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées sont partout, utilisées pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur et sont extrêmement compliquées à éliminer.
Le sujet est d'autant plus complexe pour les acteurs du déchet qui se retrouvent "en bout de chaîne", a déclaré Antoine Bousseau, président de la Fnade, fédération qui rassemble les professionnels du secteur des déchets.
"On fait tout pour mettre sur la table le maximum de données (...) pour essayer maintenant d'avoir un cadre réglementaire", a-t-il déclaré.
Il a évoqué "une situation très inconfortable": "les PFAS que tout le monde a consommés, nous on les trouve dans les déchets qu'on collecte, dans les déchets que l'on trie, que l'on traite".
"Il faut savoir quel est le niveau normal, acceptable et encore une fois, surtout, quelle est la toxicité de ces produits, on n'a aucune idée", a ajouté M. Bousseau, déplorant l'absence de normes de rejets, contrairement à l'eau potable par exemple, ou des seuils existent pour certains PFAS.
Il a également évoqué le recyclage des plastiques contenant des polluants éternels, s'interrogeant sur le caractère opportun du recyclage de ce type de molécule.
"Il me semble que c'est de l'intérêt général de commencer à mettre des règles, quitte, peut-être, à ne pas être assez rigoureux dans certains cas, ou trop peut-être dans d'autres", a ajouté M. Bousseau.