PFAS: le manque d'information complique la prévention des risques en entreprise

La prévention contre les risques liés à l'exposition aux PFAS dans les entreprises est compliquée par le manque d'information, notamment sur la présence de ces molécules dans les produits qu'elles utilisent, selon les résultats dévoilés jeudi d'une enquête menée par l'INRS, organisme de référence sur la santé au travail.

Cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages...: ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées, qui inquiètent pour leurs effets sur la santé, sont partout, utilisées pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur.

"L'exposition professionnelle à ces substances est encore méconnue", explique l'INRS. Or, en milieu professionnel, la fréquence et le niveau des expositions aux PFAS sont potentiellement plus élevées que dans la population générale.

L'INRS a mené une enquête pendant deux ans, à l'aide d'un questionnaire en ligne adressé à des centaines d'entreprises, parmi lesquelles des producteurs de PFAS, des fabricants de produits contenant des PFAS, ainsi que la filière de traitement des déchets.

L'INRS a d'abord ciblé les secteurs d'activité utilisant les PFAS. Chimie, textile, papier et carton, automobile, fabricants de matériel électronique et électrique, pharmacie, plasturgie: en dépit de ce ciblage, sur près de 900 entreprises ayant répondu à l'enquête, plus de la moitié (51%) se déclarent "non concernées" par les PFAS, 32% se disent "concernées" et 17% "ne savent pas".

Nombre d'entreprises "éprouvent des difficultés à identifier le fait qu'elles utilisent des PFAS ou des produits qui en contiennent ou qu'elles traitent des déchets qui en contiennent", explique à l'AFP Myriam Ricaud, responsable du pôle risques chimiques à l'INRS.

En cause, la fiche de données de sécurité ou "FDS", que doit donner le fournisseur à l'utilisateur, qui comporte les informations sur les dangers de la substance et les précautions à prendre pour les manipuler.

"Bien souvent, (...) n'est pas mentionné le fait que la substance est un PFAS ou que le mélange contient des PFAS", indique Mme Ricaud, qui déplore "un frein pour la prévention des risques associés" aux polluants éternels. Idem pour les entreprises de traitement des déchets, lesquelles "ont souvent bien peu d'informations" sur ce qu'ils contiennent.

Si le taux de répondants par rapport aux milliers de questionnaires adressés interdit d'extrapoler les résultats à l'ensemble des établissements ciblés, cette étude apporte des données utiles" pour identifier les expositions aux PFAS, selon l'INRS.