Sébastien Lecornu a assuré que la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, dont la démission est attendue après un vote parlementaire controversé sur les pesticides, avait encore sa confiance, dans un entretien publié mercredi par Paris Match.
Prié par l'hebdomadaire de dire si elle a encore toute sa confiance, le Premier ministre a répondu: "oui". Mais il a estimé que les membres du gouvernement devaient "trouver le point d'équilibre entre les convictions personnelles qu'ils portent et les compromis qu'ils doivent trouver avec les représentants du peuple".
L'entourage de Monique Barbut a fait savoir mardi soir qu'elle présenterait sa démission à Emmanuel Macron au plus tard au moment du Conseil des ministres prévu mercredi matin. Mais elle n'a pas totalement fermé la porte à un maintien à son poste si sa démission devait être refusée par le chef de l'Etat.
Elle réagit ainsi à l'adoption définitive par le Parlement d'une mesure controversée sur la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l'Union européenne mais interdits en France. Elle avait fait connaître sa ferme opposition à cette mesure.
"Vous ne pouvez pas lui faire le reproche de ne pas être une professionnelle de la politique", a affirmé Sébastien Lecornu au sujet de cette ancienne présidente de l'ONG environnementale WWF France, entrée au gouvernement il y a moins d'un an.
"C'est une personnalité de la société civile qui se confronte à la vie politique et parlementaire. Et je vais être transparent : lorsque j'ai proposé leur nomination, je savais que la relation avec le Parlement serait difficile et exigeante, la brutalité et le cynisme des débats dans l'hémicycle peuvent être déstabilisants", a-t-il ajouté.
"Mais c'est une démocratie, avec une absence de majorité absolue", a-t-il poursuivi pour justifier le compromis qu'il a accepté concernant cette mesure sur les pesticides acétamipride et flupyradifurone introduite par le Sénat, malgré l'opposition y compris d'une partie du camp gouvernemental.