Pesticides: Lecornu accuse les Écologistes de "mensonges" et d'entretenir "la colère avec duplicité"

Sébastien Lecornu a accusé mardi les Écologistes de "mensonges" et d'entretenir "la colère avec duplicité" sur le projet de loi agricole, qui devrait être adopté par le Parlement dans la soirée malgré une vive controverse sur la réintroduction à titre dérogatoire de certains pesticides.

"La colère vient surtout de la réitération successive de plusieurs mensonges et (...) vous entretenez la colère avec duplicité", a-t-il déclaré à l'Assemblée nationale, en réponse à une question de la cheffe de file des députés Écologistes Cyrielle Chatelain.

Lors d'une séance de questions au gouvernement particulièrement agitée, Sébastien Lecornu a reproché à la députée "pour des raisons purement politiciennes, qui tiennent à (ses) alliances avec la France insoumise" d'être prête "à calomnier, à raconter n'importe quoi pour faire peur" sur ces pesticides.

Le chef du gouvernement avait déjà dans la matinée, sur le réseau X, appelé à ne pas "instrumentaliser à des fins politiciennes" la loi d'urgence agricole adoptée la veille à l'Assemblée et qui doit être votée ce mardi par le Sénat.

La mesure qui cristallise les débats porte sur la possibilité donnée à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire, à titre dérogatoire et sous condition, deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l'Union européenne, l'acétamipride et le flupyradifurone, pour une poignée de filières en difficulté.

Or cette disposition divise jusque dans le propre camp de M. Lecornu et pourrait entraîner la démission de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui n'était pas présente dans l'hémicycle mardi.

Haussant le ton, pendant que des députés l'interpellaient à l'Assemblée, Sébastien Lecornu a également déploré que les Écologistes puissent "dire que l'Anses est sous contrôle du gouvernement" alors qu'elle "seule peut autoriser la dérogation".

Au chef de file des députés socialistes Boris Vallaud, le Premier ministre a assuré que la loi "s'appliquera" y compris avec sa "part de compromis", en rappelant que les ministres avaient donné des "avis défavorables" au rétablissement de ces pesticides.

Il a redit que "le principe est l'interdiction" de ces pesticides et que "l'exception c'est une dérogation, sur un segment très précis", formant le "voeu que l'agriculture française (...) sortent de ce décor politique ou politicien de pré-campagne présidentielle".

Mais pour la députée de La France insoumise Aurélie Trouvé, le Premier ministre "ment aux Français" car l'Anses, en deux mois, comme le prévoit la loi, "sous la pression politique (elle) n'aura aucunement les moyens de se prononcer scientifiquement".

"Le Premier ministre n'assume pas. Il vient d'imposer la réintroduction de deux pesticides cancérigènes, dénoncés par les sociétés savantes, les médecins et plus de 2 millions de citoyens. La honte", a réagi de son côté le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur X.

are-parl/sde/abl