Passoires thermiques: un éventuel report passe mal dans la majorité

Plusieurs députés de la majorité ont vivement rejeté mercredi la possibilité, évoquée par Bruno Le Maire, de reporter l'interdiction de location des logements considérés comme des "passoires thermiques", appelant au contraire à une "accélération" du processus.

Au lendemain de l'annonce de la planification écologique par le président Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie a ouvert la porte mardi à un report de cette mesure, se disant "prêt à ouvrir le débat" alors que les taux d'intérêts explosent.

L'interdiction était prévue dans la loi "Climat et résilience" de 2021 pour les logements classés "G" en 2025 et trois ans plus tard pour ceux classés "F" par le nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE).

"Il ne faut pas renvoyer à la Saint-Glinglin, (...) c'est une trajectoire que l'on a prise qui est importante et il ne faut pas renoncer", a estimé la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) sur France 2.

"Le bâtiment c'est 45% de la consommation d'énergie et près de 30% des émissions de gaz à effet de serre", a rappelé sur X (ex-Twitter) le député du groupe présidentiel Pierre Cazeneuve, rappelant que le projet de budget pour 2024, présenté mercredi, prévoyait "4 milliards d'euros pour la rénovation". "Ne reportons pas nos objectifs, accélérons !", a-t-il lancé.

Utilisant les mêmes mots, son collègue président de la commission du Développement durable, Jean-Marc Zulesi, a expliqué à l'AFP que "l'enjeu ne doit pas être de reculer mais d'accélérer". "Il faut des mesures d'accompagnement mais aussi des mesures contraignantes", a-t-il insisté.

"Je comprends, sinon ça va être une bombe", a reconnu le député communiste Nicolas Sansu également interrogé par l'AFP. Un report ne serait néanmoins "pas la bonne solution", a-t-il estimé.

Très mécontent, le nouveau sénateur écologiste Yannick Jadot a moqué sur X l'"écologie à la française" prônée par Emmanuel Macron et les reports déjà annoncé "de la fermeture des centrales à charbon, de l'interdiction du glyphosate".

A l'inverse, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau s'est réjoui de cette possibilité. "C'est une prise de conscience absolument salutaire parce qu'on est en train de faire fausse route et d'aller dans le mur", a-t-il déclaré sur Europe1-Cnews.

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