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"Pas question de supprimer" le transport des primeurs par train

La SNCF a assuré vendredi qu'il n'était "pas question" de supprimer le transport des primeurs par train, alors que le dernier convoi reliant Perpignan au marché de Rungis était programmé ce vendredi, faute de clients.

"Il n'est pas question de supprimer le transport des fruits et légumes par train et de le laisser à la route", a indiqué à l'AFP Sylvie Charles, directrice générale du Transport ferroviaire et multimodal de marchandises à la SNCF.

Le dernier train est pour l'instant programmé ce vendredi, les clients - qui transportent essentiellement des primeurs venus d'Espagne et du Maroc- n'ayant pas renouvelé leur contrat au-delà. Et la SNCF était incapable de dire s'ils s'étaient manifestés pour les jours à venir.

Dans une interview au quotidien Midi Libre, vendredi, la ministre des Transports Elisabeth Borne a affirmé que ce train "(roulerait) lundi".

"Très clairement, ce train roulera la semaine prochaine et il roulera aussi longtemps qu'il y aura des marchandises à transporter", a déclaré Mme Borne dans une interview au quotidien Midi Libre.

Les wagons frigorifiques sont selon la SNCF en bout de course, mais la compagnie publique s'est engagée à proposer le service jusqu'à la fin de l'année, le temps de trouver une solution pérenne.

"La ministre a indiqué très clairement qu'aujourd'hui n'était pas une date couperet", a relevé Mme Charles. "Le train est une bonne solution pour le transport des fruits et légumes, nous y sommes attachés."

Pour remplacer le train actuel, "le transport combiné, c'est-à-dire des conteneurs réfrigérés posés sur des wagons plats", est selon elle "un système plus moderne, plus souple".

De plus, ajoute la responsable, "il ne s'agit pas seulement de desservir Rungis". "Les clients ont de plus en plus besoin de desservir directement les plateformes des grands supermarchés et cela ne peut se faire qu'avec le combiné" qui associe des camions en fin de parcours.

Une nouvelle réunion est prévue mercredi entre les parties prenantes, qui devra "valider des nouvelles solutions et (...) les accélérer", a relevé Sylvie Charles.

Une manifestation a réuni une centaine de militants, syndicalistes cheminots et paysans, écologistes et "gilets jaunes" vendredi après-midi à la gare de Perpignan pour appeler l'État à maintenir cette liaison.

"L'Etat veut-il tuer le train des primeurs", mentionnait une affiche collée sur un wagon. Une autre banderole comparaît "un train = 3 t de CO2, 50 camions = 40 t de CO2".

Accusant Mme Borne d'"enfumage sur l'avenir du train de primeurs", la CGT-Cheminots lui a décerné vendredi à Paris son "grand prix du pollueur 2018-2019 et défenseur du lobby routier".

Pour le syndicat, l'interview de la ministre dans Midi Libre est "un tissu de mensonges et de dérobades", car "s'il n'y a pas de chargement, le train ne roulera pas".

Réclamant de participer à la réunion mercredi prochain à Perpignan, la CGT-Cheminots dit "(travailler) à une mobilisation interprofessionnelle d'ampleur pour le fret ferroviaire public à la rentrée".

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