Plusieurs associations écologistes sont montées au créneau mardi pour dénoncer l'adoption par l'Assemblée nationale de la loi d'urgence agricole, dénonçant du "mépris" et un texte "pas équilibré" autorisant à titre dérogatoire l'utilisation de pesticides interdits en France.
"Leur mépris est irresponsable et les générations futures paieront le prix fort", a réagi Julien Rivoire, chargé de campagne Agriculture à Greenpeace France, cité dans un communiqué.
Les députés "tournent le dos à la science et aux attentes de nombreux citoyens, et mettent en danger notre santé, notre environnement et l'avenir du monde paysan", a-t-il ajouté.
"Ce texte n'est pas équilibré" a dénoncé de son côté l'association Générations futures également dans un communiqué, citant l'"accaparement de l'eau par le doublement des volumes stockés pour les usages agricoles", la "facilitation de la destruction des zones humides", et l'"atteinte à la gouvernance de l'eau". Elle y voit aussi "un modèle agricole prédateur".
Le texte d'urgence agricole, qui doit être définitivement adopté dans la soirée au Sénat, balaie de nombreux sujets à travers près de 70 articles de loi, mais une mesure du texte cristallise les débats: la possibilité donnée à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l'Union européenne.
Les deux molécules concernées, l'acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être utilisées pour une poignée de filières en difficulté.
"L"Anses est une agence sous pression politique et qui ne pourra pas évaluer rigoureusement les dérogations pour les produits à base de néonicotinoïdes. Compte tenu du délai accordé (2 mois), il est probable que l'Anses se positionne sur une dérogation d'urgence de 120 jours selon l'article 53 du règlement sur les pesticides, procédure ne nécessitant pas d'évaluation complète des risques", dénonce Générations futures.
A l'heure où les rumeurs de démission de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut se multiplient depuis lundi soir, celle-ci n'est pas non plus épargnée par les associations.
"L'absence remarquée de la ministre de l'Ecologie sur les bancs de l'Assemblée nationale questionne sur l'utilité d'une ministre qui joue au roi du silence depuis sa nomination", critique l'association Agir pour l'Environnement dans un communiqué.