Pas de reconstruction en vue pour le hameau de la Bérarde, dévasté en 2024

Aucune reconstruction n'est pour l'heure en vue dans le hameau de la Bérarde (Isère), dévasté en juin 2024 par une coulée de boue et de rochers et toujours sous la menace d'un lac d'altitude, ont indiqué mercredi les autorités.

Une étude menée par le Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère (Symbhi) sur le glacier à l'origine de la catastrophe n'a pas permis d'identifier une solution technique fiable permettant de contenir les risques de nouvel événement pour un coût raisonnable, a indiqué la préfète de l'Isère Catherine Séguin lors d'un point presse à l'issue d'une réunion entre toutes les parties concernées.

Le principal scénario étudié pour permettre la sécurisation du village, actuellement toujours à moitié enseveli et interdit d'accès, consisterait à "ramener le torrent dans son lit d'origine" et à construire de grandes digues, a indiqué le président du Symbhi Gilles Strappazzon.

Mais il se heurte à d'importants problèmes de coûts, estimés de 15 à 20 millions d'euros, d'impact environnemental dans cette zone protégée du Parc national des Ecrins, et ne pourrait compter que sur un dispositif de sécurité "expérimental", a-t-il expliqué.

"On n'expérimente pas avec la sécurité des gens. Aujourd'hui, en tout état de cause, l'Etat ne peut pas valider (le projet) tel quel", a souligné le secrétaire général de la préfecture Mahamadou Diarra, évoquant en outre son "équilibre socio-économique défavorable". L'Etat laissera toutefois la possibilité aux collectivités locales de "re-questionner, challenger l'étude" avant toute décision définitive, a-t-il ajouté.

C'est notamment le cas du nouveau maire de Saint-Christophe-en Oisans, où est située la Bérarde, Laurent Soullier, qui s'est déclaré "en désaccord" sur le chiffrage des coûts de protection évoqué dans l'étude.

"La Bérarde telle que nous pouvions la connaître, on ne la reverra pas, très clairement. Maintenant, on peut imaginer autre chose", a expliqué l'élu, qui entend être une "force de proposition" pour ce "lieu particulier où les plus belles pages de l'alpinisme se sont écrites".

En attendant des décisions sur le moyen et le long terme, une partie des propriétaires a été indemnisée et un dispositif destiné à faciliter le tourisme estival dans la vallée va être mis en place avec notamment un service de navettes pour acheminer les randonneurs vers les refuges, a indiqué la préfète.

L'ancien village de carte postale, situé à 1.700 m d'altitude, avait été englouti les 20-21 juin 2024 par une gigantesque coulée de laves torrentielles, due selon les experts à une "concomitance" de facteurs dont la vidange brutale du lac glaciaire. Cet événement qualifié d'"exceptionnel" n'avait pas fait de victimes, les habitants ayant pu être évacués in extremis.