Pas-de-Calais: des centaines de manifestants contre le canal Seine-Nord Europe

Plusieurs centaines de personnes se sont élancées sous un soleil de plomb samedi après-midi à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais) pour protester contre le chantier du canal Seine-Nord Europe, infrastructure d'ampleur qui doit relier la Seine aux grands ports du Nord de l'Europe.

"Laisse béton, stop à la bétonnisation", "l'eau pour la vie, pas pour leurs profits", pouvait-on lire sur des banderoles.

"C'est un canal qui est hyper cher" et "destructeur de l'environnement, autant pour les espèces que pour le cycle de l'eau", a dénoncé Claire Aubois, porte-parole des Naturalistes des Terres et du collectif Méga Canal Non Merci, appelant à arrêter le chantier.

Le futur canal, infrastructure de 107 kilomètres de long sur 54 mètres de large, a pour objectif de créer d'ici 2032 une liaison fluviale à grand gabarit pour faciliter le transport de marchandises entre la Seine et les grands ports de la mer du Nord.

Mais pour Stéphanie Bocquet, secrétaire régionale des Ecologistes du Nord-Pas-de-Calais, il y a des "doutes sur le report modal", des bateaux vers les camions. Elle appelle à l'arrêt du chantier pour mettre en place un "moratoire, se poser et réfléchir".

Le député LFI nordiste Aurélien Le Coq a dénoncé un "méga-scandale" qui servirait "les intérêts de l'agro-industrie" en fonctionnant comme une autoroute fluviale.

Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI de Haute-Garonne également présente, a renchéri en décrivant un projet non "viable" à l'heure du réchauffement climatique: "l'aménagement du territoire, on doit le penser à l'aune de ce que nous vivons aujourd'hui, qui est une urgence écologique comme l'humanité n'en a jamais pensé".

La manifestation organisée notamment par le collectif Méga Canal Non Merci, les Soulèvements de la Seine et de la Terre, Extinction Rebellion et la Confédération paysanne, s'est lancée en musique et encadrée par une forte présence policière non loin du chantier d'une écluse débuté en juin.

Près de 900 membres des forces de l'ordre étaient déployés, selon la préfecture.

Une première proposition de trajet de cette manifestation, qui passait plus près du chantier, avait été recalée par les autorités, mais un autre itinéraire a été validé in extremis vendredi.

Le chantier du canal a été lancé en 2022 après des dizaines d'années de concertation, a rappelé cette semaine à l'AFP Jean-Yves Dareaud, directeur de territoire Artois-Cambrésis à la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE). Mais "on reste naturellement à l'écoute de toutes les parties prenantes", a-t-il ajouté.

Un village militant "associatif et festif" a été installé en parallèle jusqu'à dimanche à quelques kilomètres du départ de la manifestation, à Villers-au-Tertre (Nord), avec tables rondes, ateliers et concerts.