Outre-mer: un rapport dévoile 14 propositions pour des billets d'avion moins chers

Le député de la Martinique Jiovanny William, du groupe socialiste, formule 14 recommandations pour réduire le coût des billets d'avion entre l'Hexagone et les Outre-mer, dont un encadrement de la taxe de solidarité et de la tarification dynamique, dans un rapport remis à la ministre des Outre-mer.

Missionné par le Premier ministre, le député évalue à près de 45% la hausse des prix depuis 2019.

Il conclut pourtant que les compagnies ne pratiquent pas de "surmarges": au kilomètre, le tarif est "structurellement comparable" à celui des autres long-courriers, et la concurrence existe sur la plupart des lignes, sauf à Mayotte et, à un degré moindre, en Guyane.

La hausse constatée depuis 2021 est "très largement imputable" aux coûts, d'abord au kérosène.

Le député cible néanmoins la taxe de solidarité, dite "taxe Chirac", passée de 2,63 à 7,40 euros par passager entre 2022 et 2026 sur les vols Hexagone-Outre-mer, soit +181%.

La baisse de cette taxe accordée depuis le 1er juin sur les lignes sous obligation de service public ne concerne pas les Outre-mer, relève le rapport, qui recommande d'examiner "une fourchette pour le montant de la taxe de solidarité, compatible avec la réglementation européenne".

Cette taxe "pèse des millions d'euros sur les compagnies et un battement de papillon en Europe, chez nous, c'est un raz-de-marée dans les Outre-mer", a déclaré M. William à l'AFP, érigeant le prix des billets en "sujet central" de la vie chère.

Des discussions s'ouvriront avec le ministère de l'Économie sur cette taxe, a-t-il affirmé.

Le rapport réclame aussi un "cadre juridique spécifique" pour le "yield management", cet ajustement des tarifs selon le remplissage des avions.

Il propose d'ouvrir aux classes moyennes les aides à la mobilité réservées aux personnes défavorisées, de garantir toute l'année à l'Agence de l'Outre-mer pour la mobilité (LADOM) un quota de sièges au tarif le plus bas et d'augmenter substantiellement son financement.

Sa dotation de 67 millions d'euros en 2025 représente le tiers de celle de la Corse (187 millions), pour une population huit fois plus importante, un écart qui nourrit un "sentiment d'injustice" chez les ultra-marins, souligne le rapport.

Le député, à qui les compagnies ont opposé le "secret des affaires", veut les obliger à fournir leurs données de coûts et de prix et conditionner la défiscalisation de leurs investissements à un "contrat de régulation des prix des billets".

Ce rapport "opérationnel" pourra servir à ce gouvernement ou au prochain, a conclu M. William, à la sortie du ministère.