Nouvelle journée de canicule en France, 80 départements en vigilance orange

La canicule se poursuit jeudi sur la quasi-totalité de la France avec 80 départements placés en vigilance orange pour ce nouvel épisode caniculaire, le gouvernement chiffrant jusqu'à 15 milliards d'euros le coût de ces phénomènes de chaleur extrême successifs cet été.

A l'exception d'une partie du nord-est, de trois départements pyrénéens, de la Lozère et de la Haute-Loire en jaune, c'est tout le reste de la France qui se trouve en orange avec à nouveau une journée de très fortes chaleurs. Cet épisode caniculaire "atteint son pic pour les journées de jeudi et vendredi", estime Météo-France.

Du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, les températures maximales seront comprises "entre 38 et 40°C, voire un peu plus en pointe. En Île-de-France elles seront voisines de 38°C", prévient le météorologue.

Dans son dernier bulletin mercredi, la météo des forêts a elle placé 50 départements, notamment dans l'Ouest et sur le pourtour méditerranéen, en vigilance "élevée" d'incendies.

Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui a réuni mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).

Les perturbations économiques sont nombreuses. Par exemple, le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs et à l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), selon des calculs de l'AFP.

- Coupures d'eau -

La question de l'accès à l'eau est également à l'ordre du jour avec cet été extrêmement chaud et sec.

"La première de nos priorités demeure évidemment l'alimentation en eau potable qui est déjà sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément aujourd'hui dans 50 départements français", a dit la ministre de la Transition écologique.

"Plus de 40.000" personnes sont affectées par des coupures d'eau du robinet, selon le gouvernement.

La situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, avec 43% d'entre eux, soit près de 1.370 cours d'eau, qui présentent des ruptures d'écoulement ou des assecs, a indiqué la ministre.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.

La canicule occupe toutes les conversations des clients du bar de Montfort-sur-Meu, près de Rennes, tenu par Priscilla Prunier. Faute de climatiseur ou de ventilateur dans son établissement, "l'après-midi, c'est très calme, on n'a vraiment personne", déplore la gérante de 36 ans.

Plusieurs mairies prolongent l'ouverture de leurs parcs jusque tard dans la soirée, comme à Nantes, où les habitants pourront "se mettre au frais" dans les espaces verts municipaux jusqu'à 23H30.

L'Ile-de-France sera elle touchée par un épisode de pollution à l'ozone, avec un "probable dépassement" du seuil de recommandation. Aussi, dans un communiqué, le préfet de police demande de "différer si possible" les déplacements routiers et de réduire la vitesse des véhicules.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Les températures devraient commencer à baisser durant le week-end, prévoit Météo-France.