Nouveau feu vert pour le grand projet, contesté, de production de saumons en Gironde

Le projet contesté d'un élevage de milliers de saumons en circuit fermé au Verdon-sur-Mer (Gironde) a obtenu un nouveau feu vert, jeudi, dans le cadre de sa demande d'autorisation environnementale sur laquelle la préfecture du département doit désormais se prononcer.

Ce projet de 280 millions d'euros, porté par la société Pure Salmon, prévoit l'implantation d'une usine au bout de l'estuaire de la Gironde sur 14 hectares pour produire 10.000 tonnes de saumon par an, tout en créant 400 emplois. Financée par un fonds d'investissement singapourien, l'entreprise défend "un enjeu de souveraineté alimentaire", alors que 99% du saumon consommé en France est importé.

Jeudi, le Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a rendu un avis favorable, après celui donné en mars par la commission d'enquête publique.

"Cet avis consultatif précède la décision de la préfète de la Gironde pour délivrer par arrêté l'autorisation environnementale dans les semaines à venir", a annoncé la préfecture dans un communiqué.

Ces avis favorables successifs interviennent alors qu'une proposition de loi soutenue par une centaine de députés, déposée en mars 2025 mais qui n'a pas été examinée depuis à l'Assemblée nationale, réclame un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons.

Dans un Appel pour l'océan, 27 ONG ont aussi dénoncé un projet "complètement démesuré" qui menacerait l'écosystème du plus grand et plus sauvage estuaire d'Europe, avec des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture.

La société Pure Salmon répond que sa "technologie éprouvée" garantit "un impact maîtrisé sur la biodiversité", que "le bien-être animal est au coeur du projet" et que son approvisionnement obéit à des "normes strictes", assurant aux saumons une alimentation "responsable et traçable".

Au cours de l'enquête publique, la commission locale de l'eau, le BRGM et le conseil scientifique de l'estuaire, opposés au projet, avaient pointé un déficit d'information derrière les "affirmations rassurantes".

Le projet divise également au sein du gouvernement.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s'était dite "à titre personnel, pas favorable" lors d'une audition au Sénat en avril, tandis que le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, a estimé mi-juin que "dès lors que le projet respecte notre cadre, et je crois que c'est plutôt le cas, il n'y a aucune raison qu'il ne se fasse pas".