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Normes environnementales: le patronat du Conseil/Ingénierie veut "accélerer" et critique le Medef

La fédération patronale du Conseil, de l'ingénierie et du numérique (Cinov) critique vendredi la demande du Medef d'un moratoire sur des mesures environnementales, estimant au contraire que la crise doit être un "accélérateur" pour la transition écologique.

"La crise actuelle doit être un véritable accélérateur de transitions énergétique, écologique et numérique que doivent franchir nos sociétés", affirme le Cinov dans un communiqué.

"Toutes les mesures d'un plan de soutien massif aux entreprises doivent être totalement compatibles avec ces conversions en prenant en compte en particulier, des critères comme la transition bas-carbone, la régénération de la biodiversité et la définition d'un nouveau pacte social", selon cette fédération qui regroupe 70.000 entreprises et 900.000 collaborateurs.

Dans un courrier daté du 3 avril, adressé à la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne et signé par son président Geoffroy Roux de Bézieux, le Medef a demandé "un moratoire de l'ordre de six mois" sur la préparation de nouvelles "dispositions énergétiques et environnementales", liées à la loi sur la lutte contre le gaspillage et l'économie circulaire.

"C'est totalement irresponsable. Ce n'est pas prendre la mesure des enjeux dans lesquels nous sommes. Nous avons des enjeux économiques, mais nous avons des enjeux écologiques aujourd'hui, sociétaux, qui transcendent la dimension économique et la dimension financière", a déclaré à l'AFP le président du Cinov, Frédéric Lafage.

"Dans six mois il y aura autre chose, une nouvelle crise, et on ne fera jamais les transformations qui sont absolument indispensables", prévient-il.

"La crise actuelle montre que nous faisons les frais d'un manque d'anticipation d'un évènement prétendument imprévisible", relève le Cinov dans son communiqué.

"La crise environnementale et climatique est, quant à elle, bien plus prévisible; reculer les mesures de lutte et les mesures d'adaptation serait encore plus grave", poursuit cette organisation.

Le coronavirus "nous rappelle qu'on est complètement dépendants de l'écosystème dans lequel nous sommes, et on ne plus reporter éternellement la réflexion autour des conditions de la croissance, des conditions du partage de la richesse, des valeurs que l'on veut porter", affirme encore M. Lafage.

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