NDDL: l'ex-"route des chicanes" est "dégagée", affirme la préfète après une visite sur place

La "route des chicanes" traversant la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, est "dégagée", a annoncé vendredi la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, après l'avoir traversée.

"La route est dégagée, les fossés sont dégagés", a constaté la préfète, en faisant quelques pas sur la route. "Ce dégagement est réalisé. Ça a demandé beaucoup d'efforts, de beaucoup de monde, mais c'est réalisé. C'est un signe de bonne volonté".

"On va pouvoir passer au dialogue. Le Premier ministre a donné des indications: ça reste des terres agricoles mais ne peuvent y vivre que les agriculteurs qui s'inscrivent dans l'État de droit", a-t-elle ajouté.

Après l'abandon du projet d'aéroport, l'exécutif avait exigé le nettoyage avant la fin de la semaine de la route départementale 281.

La préfète a pris place vendredi matin à bord d'un convoi de quatre véhicules, transportant également le directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey, ainsi que des élus locaux. Des membres du GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) faisaient également partie convoi, par ailleurs surveillé par un hélicoptère de la gendarmerie, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des véhicules de la gendarmerie étaient stationnés à l'extrémité de la route sur laquelle des banderoles proclamaient "Zone à défendre. Résistance et sabotage" ou "Yes Chicane".

Des militants, dont beaucoup avec le visage dissimulé, avaient pris place sur le bas-côté pour "saluer" le convoi, certains montrant leurs fesses à son passage.

Le convoi a marqué un arrêt au lieu-dit de Bel Air pour constater que les divers obstacles jonchant la route avaient bien été enlevés par les militants anti-aéroport.

Après l'abandon du projet d'aéroport, les opposants avaient amorcé lundi le nettoyage de la "route des chicanes", invitant leurs soutiens et les riverains à les aider, mais en tenant la presse à l'écart pendant toute la durée du chantier.

Le déblayage s'est fait non sans tension au sein du mouvement très hétérogène des anti-aéroport, notamment au niveau du "Lama fâché", un "lieu de vie" installé sur la route, qu'une minorité refusait de démonter, selon plusieurs sources.

Interdite à la circulation par le conseil départemental de Loire-Atlantique depuis novembre 2012, la route de 4,5 km allant de Vigneux-de-Bretagne à Notre-Dame-des-Landes était obstruée sur environ trois kilomètres par divers obstacles (pneus, épaves de véhicules, barricades en tous genres) et était "gardée" quasiment en permanence depuis des cabanes et miradors.

Le dégagement de cet axe, symbolique quant au retour à l'État de droit, avait été exigé par le gouvernement la semaine dernière lors de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport. L'exécutif en a fait un préalable aux futures discussions sur la redistribution des 1.650 hectares de terres qui conserveront leur vocation agricole.

La préfète avait promis de venir "rouler et marcher" sur cette route.

Les travaux de réfection de la chaussée prendront "une dizaine de jours" avant que la route ne soit rouverte à la circulation, avait indiqué la préfecture en début de semaine. Les services de l'État ont chiffré ces travaux à 600.000 euros.

Le président (PS) du conseil départemental, Philippe Grosvalet, gestionnaire de la route, a lui prévenu qu'il ne la rendrait à l'usage des riverains qu'après avoir pu y faire "un diagnostic" et "au moins six à huit semaines de travaux".

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