A Nantes, une nouvelle journée caniculaire: "On commence à prendre des réflexes"

Sur les chantiers, dans les écoles, à la gare ou dans les rues, les Nantais s'apprêtent à nouveau mardi à affronter la vague de chaleur d'une précocité inédite qui déferle sur l'ouest du pays et doit encore se renforcer.

Casque sur la tête, en tenue orange, des ouvriers à l'oeuvre sur un chantier des bords de Loire ont embauché plus tôt que d'habitude, 7h00 au lieu de 7h30, en prévision des 34°C prévus dans l'après-midi par Météo-France.

"On prend aussi une pause réduite à 30 minutes à midi pour éviter de travailler trop longtemps sous le cagnard", explique Marius Guibert, chef de chantier de 21 ans. Un "briefing" était prévu dans la matinée pour rappeler aux ouvriers de penser à s'hydrater et à mouiller leur tenue.

A l'école Saint-Michel, qui accueille 400 élèves de maternelle et primaire, la cheffe d'établissement Marie Bouju a demandé lundi soir aux parents de prévoir chapeaux et bouteilles d'eau. Les cours de sport de l'après-midi ont été annulés, comme l'activité basket du périscolaire.

"Ce n'est pas le premier épisode de chaleur, on commence à prendre des réflexes", explique Mme Bouju, qui accueille les élèves devant la grille verte. "On a la chance d'avoir une cour arborée", note-elle.

Huit départements de l'ouest de la France, dont la Loire-Atlantique, ont été placés en vigilance orange canicule par Météo-France depuis minuit dans la nuit de lundi à mardi. C'est un cran de plus que le niveau jaune qui prévalait depuis le début de l'épisode de très fortes chaleurs qui traverse le pays depuis dimanche et pourrait durer jusqu'en fin de semaine.

- Records -

Lundi, "plusieurs dizaines" de records de chaleur pour un mois de mai ont de nouveau été battus, selon Météo-France, avec 34,3°C à Nantes, ou 34°C à Angers.

Beaucoup d'établissements scolaires ne sont "pas adaptés" à de telles températures, s'inquiète Céline Pellat, professeure de mathématiques dans un établissement de Sainte-Luce-sur-Loire, au nord-est de Nantes, et co-secrétaire de la FSU 44.

"Dans des salles vitrées, sans volets, qui ont chauffé tout le weekend, cela va être infernal", explique l'enseignante. Il lui est déjà arrivé, dit-elle, d'apporter son propre ventilateur en classe pour rafraichir les élèves.

Assise à un arrêt de tramway sous le soleil matinal, Mylène Manet, 46 ans, sort de son sac à main gourde et ventilateur de poche, qu'elle posera sur le comptoir de la boutique où elle s'apprête à prendre son service.

A la gare, sous la mezzanine en verre qui surplombe les voies, de larges ventilateurs noirs ont été installés. Un thermomètre positionné sous la verrière, inaugurée en 2020, affichait 28°C peu après 9H.

"Cela commence à être vraiment pénible aux alentours de midi, et toute la journée ensuite. Les ventilateurs brassent de l'air chaud", soupire l'employée d'une enseigne installée sous la verrière, qui souhaite rester anonyme.

- Bouteilles d'eau -

A Nort-sur-Erdre, à une trentaine de kilomètres de Nantes, un producteur de céréales s'inquiète, lui, des conséquences de la chaleur sur ses champs de blé.

"Cela peut jouer sur le remplissage des grains. Avec toute la pluie qui est tombée depuis le début d'année il y a une réserve en eau dans les sols qui peut limiter le phénomène, mais il ne faut pas que cette chaleur dure", prévient Nicolas Favry, producteur de blé, de maïs et d'orge.

Sur l'exploitation, "tant qu'on est dans la cabine du tracteur, ça va, c'est quand on descend que, dans l'après-midi, c'est difficile", raconte-il.

De son côté, la mairie de Nantes rappelle qu'une vingtaine de parcs et jardins supplémentaires sont désormais ouverts en soirée. Des distributions de bouteilles d'eau sont prévues dans les centres accueillant des seniors, des personnes à la rue ou en situation de précarité.