Moins de bébés, plus de personnes âgées, une espérance de vie en hausse: la France a progressivement changé de visage et se trouve désormais à un tournant démographique, indiquent les statistiques publiées mardi par l'Insee.
Toujours plus d'habitants
La France compte désormais 69,1 millions d'habitants, dont 2,3 millions dans les départements d'outre-mer.
La population a augmenté de 0,25% par rapport l'an dernier, tirée par le solde migratoire, soit la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire, estimé à +176.000 personnes.
Le solde naturel, soit la différence entre le nombre de naissances et de décès est lui en recul: il s'affiche à -6.000 personnes, une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Il contribue à baisser la population totale de 0,01%.
Des naissances en berne
En 2025, 645.000 bébés ont vu le jour, soit 2,1% de moins que l'année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive.
Cette baisse est moins prononcée que celle de 2024 (?2,8%) et 2023 (?6,6%) mais elle reste plus forte que celle observée en moyenne chaque année entre 2010 et 2022 (?1,3%).
En considérant seulement la France métropolitaine, 611.000 naissances y ont été comptabilisées en 2025, soit le plus faible nombre depuis 1942.
Recul de la fécondité
L'indicateur conjoncturel de fécondité continue lui aussi de reculer: il s'établit à 1,56 enfant par femme, après 1,61 en 2024 (1,53 après 1,58 en France métropolitaine). Cette baisse s'inscrit dans une tendance de moyen terme: cet indice diminue depuis 2010, lorsqu'il s'élevait à 2,02 enfants par femme en France métropolitaine.
La tendance est la même pour les hommes: l'indicateur conjoncturel de fécondité s'établit à 1,56 enfant par homme en 2025, contre 1,61 en 2024.
Des parents plus âgés
En 2025, l'âge conjoncturel moyen à l'accouchement poursuit sa hausse: il s'élève à 31,2 ans pour les femmes, contre 29,6 ans en 2005.
Même tendance chez les hommes: l'âge moyen à la naissance d'un enfant est de 34,1 ans, contre 32,6 ans en 2005.
Des décès en hausse
L'an dernier, 651.000 personnes sont décédées, soit +1,5% par rapport à 2024, après +0,3% entre 2023 et 2024. Une épidémie de grippe virulente en janvier et des épisodes de fortes chaleurs durant l'été explique cette augmentation, qui s'inscrit dans une tendance de moyen terme.
Depuis 2011, le nombre de décès tend à progresser du fait de l'arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1946 et 1974.
Meilleure espérance de vie
En 2025, l'espérance de vie à la naissance s'élève à 85,9 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes, un niveau "historiquement élevé".
Elle a augmenté de +0,1 an pour chaque sexe. Depuis le milieu des années 1990, l'espérance de vie croît moins vite pour les femmes que pour les hommes, réduisant ainsi l'écart entre les deux sexes: il n'est plus que de 5,6 ans, contre 8,1 ans en 1995.
Presque autant de seniors que de jeunes
Conséquence de la baisse des naissances et de la hausse de l'espérance de vie: les personnes d'au moins 65 ans sont presque aussi nombreuses que celles de moins de 20 ans. Elles représentent respectivement 22,2% et 22,5% des habitants.
En 2006, on comptait seulement 16,4% de personnes âgées de 65 ans et plus et 25,1% de moins de 20 ans.
Plus de mariages et de pacs
En 2025, le nombre de mariages célébrés en France est estimé à 251.000, dont 244.000 entre personnes de sexe différent et 7.000 entre personnes de même sexe. Leur nombre a augmenté de 1,4% par rapport à l'année précédente, après +2,7% entre 2023 et 2024.
Avant la crise sanitaire, la tendance était plutôt à la baisse, précise l'Insee, qui n'avance pas d'explication.
En 2024, 197.200 pactes civils de solidarité (pacs) ont été conclus, dont 186.800 entre personnes de sexe différent et 10.400 entre personnes de même sexe. Un nombre quasi stable par rapport à l'année précédente.