Municipales à Paris: Hidalgo pense que Grégoire "va gagner" et "ne brutalisera pas" la capitale

Anne Hidalgo, qui effectuait mercredi l'une de ses dernières inaugurations en qualité de maire de Paris, a estimé qu'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI aux municipales, allait "gagner" et "ne brutalisera(it) pas" la capitale contrairement à son adversaire de droite Rachida Dati.

"Je pense qu'Emmanuel Grégoire va gagner, l'équipe autour de lui est mobilisée, a une expérience, sait et respecte cette ville, ne la brutalisera pas", a déclaré l'édile socialiste lors de l'inauguration, en présence de plusieurs maires d'arrondissement et adjoints, de sa quatrième "forêt urbaine" place du Colonel-Fabien, à cheval sur les Xe et XIXe arrondissements.

Elle a jugé à cette occasion "très amusant" de voir à quel point le bilan de l'exécutif actuel "est repris par tout le monde, quasiment", citant notamment la piétonisation des voies sur berge que ne remet pas en cause Rachida Dati.

Interrogée sur la campagne en cours, l'édile ne s'est pas privée de critiquer cette dernière. "Si Rachida Dati gagnait, ce (...) serait vraiment une régression pour Paris. La réputation de Paris serait aussi en jeu, parce que confier les clés de la Ville à une personne qui a de telles casseroles (...) vous imaginez pour Paris le drame que ça serait?", a-t-elle interrogé.

Le réaménagement de la place du Colonel-Fabien se caractérise par une forte végétalisation et piétonnisation, avec plus de 70 plantations d'arbres sur quelque 1.500 m2 et plus de 400 mètres de nouvelles pistes cyclables, réduisant fortement la circulation automobile.

"On nous avait dit que c'était impossible, que tout était impossible, qu'on ne pouvait rien faire de tout cela. On s'est accroché, on a tenu bon, on a embarqué aussi les habitants", s'est félicitée la maire.

L'élue a également vanté ses deux mandats, "très réussis" selon elle, en matière de transformation écologique de la capitale, l'une des villes d'Europe les plus meurtrières en cas de canicule.

"Mon premier mandat a été un mandat où le vélo (...) a été vraiment porté, on a arrêté de faire des pistes cyclables sur les trottoirs (...) Mon deuxième mandat a été un mandat où j'ai tenu (...) à pouvoir déployer la nature dans la ville", a-t-elle ajouté, estimant avoir "embelli la ville" et "amélioré la qualité de vie des habitants" notamment grâce à l'effet d'accélérateur des Jeux olympiques.

Selon Serge Muller, professeur émérite au Museum national d'histoire naturelle, les "forêts urbaines" ne sont "pas vraiment des forêts" au sens de la définition de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mais "contribuent indubitablement, sur des surfaces certes modestes, à la végétalisation de la Ville".