Municipales à Lyon: Aulas et Sarselli relancent un projet de métro

Après un projet de méga-tunnel, le candidat à la mairie de Lyon Jean-Michel Aulas et son alliée LR à la Métropole Véronique Sarselli ont promis lundi de relancer le projet d'une cinquième ligne de métro abandonné par l'actuelle majorité écologiste.

L'ancien patron de l'OL et chef d'entreprise, candidat sans étiquette soutenu par le centre et la droite, et la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon ont annoncé à la presse vouloir enterrer le projet alternatif de tramway de leurs adversaires sortants, pour "relancer le métro E", "immédiatement" s'ils sont élus.

Ce projet de métro, entre la partie ouest de l'agglomération et le centre de Lyon, a été abandonné en 2022 par Grégory Doucet et Bruno Bernard élus deux ans plus tôt à la tête de Lyon et sa métropole, car trop coûteux et surdimensionné pour la population concernée, selon eux.

Les écologistes avaient lancé, pour relier cette banlieue au centre de la capitale des Gaules, un projet "alternatif" de Tramway Express de l'Ouest Lyonnais (TEOL), estimé à 900 millions d'euros.

"Nous abandonnerons le projet TEOL, jugé insuffisant, mal conçu et non-évolutif", a déclaré Mme Sarselli qui estime à 1,4 milliard d'euros le coût d'un métro E livrable en 2035.

Les transports sont au coeur d'innombrables échanges acrimonieux entre les duo Aulas-Sarselli et Doucet-Bernard, les premiers accusant régulièrement les seconds, comme lundi encore, de "dogmatisme écologique" et "d'intégrisme anti-voiture".

La promesse d'un métro E survient deux semaines après une autre promesse, surprise et détonante, du tandem Aulas-Sarselli: la construction en dix ans, s'ils sont élus, d'un méga-tunnel routier de près de huit kilomètres passant sous Lyon, la Saône et le Rhône, reliant, du nord au sud les autoroutes A6 et A7, pour soulager notamment celui de Fourvière.

Pour un coût estimé de deux milliards d'euros, selon eux, mais bien plus selon ses détracteurs et des experts. Financé, a répété lundi l'ancien patron de l'Olympique lyonnais, sur fonds privés et publics -notamment de la Métropole, du département, de l'Etat et de l'Union européenne- mais aussi grâce au péage.

L'annonce avait déclenché un commentaire ironique du ministre LR des Transports, Philippe Tabarot, sur Public Sénat: "Il y a plus de chances que Lyon remporte la ligue des Champions que l'on soit à l'inauguration de ce projet".

"Oubliez cette déclaration un peu hâtive", a conseillé M. Aulas aux journalistes lundi. Depuis, "j'ai eu le ministre directement" et "cela va être contredit cette semaine", a assuré celui qui fait actuellement figure de favori dans les sondages.

Lors de son premier meeting de campagne samedi, Grégory Doucet a qualifié cette promesse d'"abracadabrantesque", estimant qu'un tel tunnel "ferait les poches des automobilistes, la ruine de cette collectivité" et "ne réduirait en rien (...) la pollution et le trafic routier de surface".