Municipales: l'environnement reste "une préoccupation majeure" des électeurs, selon une étude

L'environnement est une préoccupation majeure des Français pour les municipales et, si la sécurité est leur première priorité, près de la moitié (45%) l'associent à la sécurité environnementale et sanitaire, selon une étude publiée mardi.

Pour les trois quarts (74%) des personnes interrogées, les propositions environnementales des candidats aux municipales auront une place importante dans leur vote, selon cette enquête de l'institut Terram, think tank dédié aux territoires, et de l'ONG Project Tempo, spécialiste des questions environnementales.

Cette préoccupation concerne toutes les générations (76% des 18-24 ans ou 67 % des 65 ans et plus) et catégories socio-professionnelles (78% des CSP- et 76% des CSP+), et tous les électorats (88% des électeurs se déclarant proches des Écologistes, 70% des sympathisants du Rassemblement national).

L'environnement "est toujours une préoccupation majeure de la population", analyse pour l'AFP son auteur, Antoine Bristielle, directeur France de l'ONG. "Le premier grand enseignement" de cette étude, selon lui, "c'est la remise en cause claire et complète de cette idée d'un +backlash environnemental+", un retour de bâton contre l'écologie, "dont on entend beaucoup parler dans les médias" et "les partis politiques".

Comme dans tous les sondages récents, la sécurité est la première priorité, pour 41% des Français, devant la circulation et le stationnement (29 %), le logement (28 %), les commerces et le dynamisme économique local (28 %) ou encore la réduction des pollutions (27 %).

Mais ils ont une conception large de ce sujet. "Jusqu'à présent, les différentes dimensions de la sécurité n'étaient pas étudiées et tout le monde comprenait sécurité policière", explique Antoine Bristielle.

Or, si ce terme englobe d'abord l'ordre public (pour 64 % des électeurs), les personnes interrogées citent aussi la sécurité routière (54 %), la sécurité économique et sociale (50 %), ainsi que la sécurité environnementale et sanitaire (45 %).

"Près d'un Français sur deux associe donc explicitement la sécurité à la protection face aux risques environnementaux et sanitaires" - inondations, canicules, qualité de l'air et de l'eau, pollution industrielle...- , souligne l'étude.

Sept Français sur dix (69 %) estiment aussi que la politique environnementale doit être pensée de manière transversale et non comme un sujet à part. "Les enjeux environnementaux sont désormais perçus comme indissociables des choix opérés en matière de transports, de logement, d'aménagement du territoire ou de développement économique", explique l'étude.

D'ailleurs, 72% des Français considèrent que la transition écologique peut s'opérer sans ralentir la croissance économique.