La fédération France Nature Environnement (FNE) Paris a publié mardi 110 propositions à l'approche des élections municipales, plaidant pour une végétalisation "plus efficace" de la capitale dans un contexte d'urgence climatique ou un rééquilibrage de l'emploi entre Paris et sa banlieue.
Intitulé "Le Paris que nous voulons: une ville habitable en 2050", FNE Paris, qui regroupe une quarantaine d'associations et se revendique apartisane, interpelle les candidats à travers ses propositions sur les grands enjeux environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux.
Dressant le constat de réponses "pas à la hauteur des enjeux" sous l'actuelle mandature alors que la capitale figure parmi les plus vulnérables aux effets du réchauffement climatique, FNE Paris appelle les candidats à des engagements clairs sur dix thématiques, dont le climat, la nature, la santé ou le logement.
Tout en saluant le virage pris par l'exécutif actuel en matière de végétalisation, la fédération coprésidée par Yves Contassot, ex-adjoint à l'Environnement de Bertrand Delanoë (PS), regrette une "approche trop dogmatique" sur le sujet, parlant de "réalisations désastreuses".
Le mouvement appelle à "végétaliser la ville de manière plus efficace et durable", à sanctuariser les espaces verts existants, notamment les deux bois - Vincennes et Boulogne- et la petite ceinture, trop souvent "soumis à une surenchère événementielle".
Il propose d'augmenter le nombre d'espaces verts, en récupérant notamment des espaces privés, et d'arbres à haute tige "pour pallier les effets négatifs d'une hyper densification".
Sur le logement, FNE suggère de "lever les blocages à la rénovation du bâti", notamment pour les copropriétés privées, dont seulement 260 ont été rénovées énergétiquement entre 2014 et 2020. Ce qui passe, selon elle, par une professionnalisation des syndics ou un renforcement de l'Agence parisienne du climat.
La fédération défend également un "Paris habité" en proposant d'interdire les nouvelles résidences secondaires dans certains secteurs et de renoncer à créer "toujours plus de bureaux".
"Plus vous développez de la résidence principale, plus vous diminuez les émissions de gaz à effet de serre parce que vous permettez à des gens qui ne peuvent pas vivre à Paris d'y vivre donc vous réduisez l'impact sur les déplacements", a expliqué devant la presse Yves Contassot.
Le mouvement plaide aussi pour un renforcement des pouvoirs de la Métropole du Grand Paris, notamment pour préserver les corridors écologiques ou rééquilibrer l'emploi entre Paris et sa banlieue.
"En 25 ans, on est passé de 900.000 personnes qui n'habitent pas Paris et y viennent chaque jour, à un 1.050.000 personnes alors que la tendance aurait dû être inverse", regrette la fédération.