Mode féminine: cinq choses à retenir après les défilés parisiens

Les deuxièmes défilés de prêt-à-porter féminin d'Anderson chez Dior et de Blazy chez Chanel, le retour d'une féminité plus sophistiquée, plus de looks à porter au quotidien, un designer de 10 ans et Marilyn Manson: voici les cinq choses à retenir de la Semaine de la mode parisienne.

. Blazy et Anderson, la consécration

Jonathan Anderson, pour Dior, et Matthieu Blazy, chez Chanel, étaient attendus au tournant pour leurs deuxièmes défilés, après ceux de l'automne dernier dédiés à la mode féminine printemps/été 2026.

Tous deux ont validé avec brio leur "show d'après" avec pour chacun, "un style qui s'est affirmé", estime auprès de l'AFP la responsable mode du Monde, Elvire von Bardeleben.

"Chez Chanel, le style de Matthieu Blazy est très net, avec cette idée d'investir l'héritage de Gabrielle Chanel, les codes masculins et le côté artisanal, souligne-t-elle. Même si c'était un peu plus funky lundi soir" au Grand Palais.

Quant à Jonathan Anderson, tout en conservant le côté propre à Dior "du rapport à la nature et à l'aristocratie française, cette collection était plus raffinée, plus élaborée, comme s'il avait voulu sortir du lot", poursuit-elle.

. Sexy et sophistiquée

"Milan avait amorcé le virage mais là, il est clair: à Paris, sexy is back" (de retour, ndlr), dit à l'AFP la directrice des achats femme et accessoires aux Galeries Lafayette, Victoria Dartigues, pour qui cette saison a "dessiné aussi une féminité plus sophistiquée, plus assumée".

La femme de l'automne/hiver prochain sera "puissante, déterminée, avec des hanches soulignées, des jupes et des vestes à basques, une taille marquée" par de fines ceintures, détaille-t-elle, avec aux pieds des cuissardes, des bottes à talons hauts ou des escarpins à bout pointu.

Elle a aussi repéré des pantalons fuseaux et des smokings. Quant aux matières, elles sont "chatoyantes, avec beaucoup de sequins, du doré, mais aussi du cuir, de la fausse fourrure et des jeux de dentelles".

. Une mode transposable au quotidien

Signe des temps qui veut que les géants du luxe - LVMH, Kering et consorts - soient aux abois, en raison de ventes en berne après une période post-Covid euphorisante, les vêtements présentés à Paris sont presque tous transposables dans le quotidien. Le quotidien de femmes riches, certes, mais pas uniquement de stars.

Pour Victoria Dartigues, c'est la conséquence d'une période "incertaine, encore un peu compliquée" et du "pragmatisme des créateurs qui font des collections qui se vendent".

D'où une mode "plus facile, plus confort: on n'est pas que sur des looks de tapis rouges mais également sur une femme qui va dîner au restaurant le soir mais avec un côté plus cool, plus doux".

. Max Alexander, designer à 10 ans

Aux côtés de directeurs artistiques renommés et expérimentés, la relève est là: l'Américain Max Alexander, qui a commencé la couture à 4 ans, a signé son premier défilé à Paris à 10 ans avec sa marque "Couture To The Max".

Coupes fluides, tons colorés et une touche de clinquant: les 15 robes présentées au Palais Garnier dessinent la silhouette d'une femme élégante et chic.

Le Californien, suivi par plus de 6 millions de personnes sur Instagram, vend ses créations sur son e-shop, avec des lignes femme, homme, unisexe et enfant.

. La polémique Marilyn Manson

Faire défiler le chanteur de rock Marilyn Manson, que plusieurs femmes accusent de viols et d'agression sexuelles, dimanche 8 mars, lors de la journée internationale des Droits des femmes, il fallait oser. La marque Enfants Riches Déprimés, fondée en 2012 par l'Américain Henri Alexander Levy, l'a fait, s'attirant une déferlante de critiques et de commentaires sur Instagram.

Ainsi, on a pu lire sur le compte du site spécialisé FashionNetwork: "AGRESSEUR", "Et vous faites ça le JOUR CÉLÉBRANT LES FEMMES", ou encore "Normalisons le fait de ne plus donner de place aux hommes qui maltraitent les femmes".

bur-lrb/jlo/cbn