"C'est samedi et c'est les vacances" : lancé début septembre sur les réseaux sociaux, l'appel à la mobilisation le 17 octobre a été tour à tour rejoint par des figures des gilets jaunes, des syndicats, jusqu'aux étudiants et lycéens, qui lui ont donné une nouvelle ampleur.
- Vidéo Tik Tok virale -
La date du 17 octobre semble avoir été propulsée grâce à la viralité d'une vidéo appelant à la mobilisation à cette date, publiée le 7 septembre par un compte nommé "V2" sur TikTok. Plus d'un mois plus tard, elle a engrangé plus de 600.000 "like" et suscité près de 10.000 commentaires.
"C'est samedi et c'est les vacances, tout le monde peut-être là", y lançait face caméra un jeune créateur de contenu anonyme, dans cette publication accompagnée des hashtags #essence et #giletsjaune. "Ne me remerciez pas, je vous donne la date, c'est tout", glissait-il.
L'adhésion à cette date du 17 a ensuite progressivement suscité une adhésion croissante sur les réseaux, notamment auprès des lycéens, invités à rejoindre des boucles de messageries cryptées dédiées au mouvement.
A l'approche de la journée de mobilisation, des cartes interactives des mobilisations en préparation ont commencé à fleurir sur les réseaux sociaux. L'une d'elle recensait vendredi quelque 1.365 actions prévues.
- Le retour des gilets jaunes -
Sur fond d'envol du prix de l'essence et de renchérissement du coût de la vie, l'appel pour le 17 octobre a dès le départ surfé sur le souvenir du mouvement inédit des gilets jaunes en 2018-2019, avec ses particularités : la chasuble fluo et l'occupation des ronds-points.
S'ils n'en sont pas à l'origine, plusieurs figures emblématiques du mouvement originel des gilets jaunes, comme Priscillia Ludosky, Maxime Nicolle, Eric Drouet ou François Boulo, l'ont ensuite soutenu, face à l'ampleur des manifestations lycéennes et aux violences avec les forces de l'ordre.
"Nous avons le droit de réclamer des conditions de vie dignes. Nous avons le droit de demander des réponses à nos difficultés. Nous avons le droit de nous mobiliser pour que nos revendications soient prises au sérieux. Le 17 octobre, faisons entendre cette exigence", a défendu Jérôme Rodrigues, éborgné après une manifestation en 2019.
- Lycées et étudiants -
Sur les réseaux sociaux, le mot d'ordre "Gilets jeunes" apparaît largement relayé par un visuel viral appelant à la convergence des revendications.
La mobilisation d'ampleur depuis deux semaines, avec blocages d'établissements et manifestations massives pour une amélioration des conditions d'éducation, a gonflé l'appel à mobilisation du 17 octobre.
Face à un gouvernement qui comptait sur le début des vacances scolaires pour faire avorter le mouvement, cinq jours après leur "Acte V", les organisations lycéennes et étudiantes ont fait leur cette date.
"La jeunesse ne fait qu'un dans cette mobilisation. (...) et aujourd'hui nous rejoignons les gilets jaunes dans la mobilisation parce qu'il y en a marre que nos revendications ne soient pas entendues par ce pouvoir", a déclaré vendredi Ryad Rani, de l'Union syndicale lycéenne.
- Les syndicats -
"Ce que nous constatons sur le terrain, c'est à quel point la colère est profonde", a insisté vendredi sur France Inter la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Après une rentrée sociale centrée sur la défense des services publics et des salaires, le syndicat a décidé d'être aussi présent le 17 octobre, quand "les conditions sont réunies". "Dans un cadre légal, autorisé", a indiqué vendredi Karl Ghazi de la CGT parisienne.
L'Union syndicale Solidaires en sera également.
La CFDT et FO se concentrent eux sur l'appel intersyndical à manifester et faire grève le 5 novembre pour le pouvoir d'achat, la fiscalité, les services publics, etc.
- Agriculteurs et livreurs VTC-
Plusieurs syndicats professionnels ont aussi invité leurs adhérents à se joindre à cette "convergence des luttes". Chez les agriculteurs, c'est le cas de la Confédération paysanne, marquée à gauche, avec des tracteurs et des paysans qui devraient rejoindre plusieurs cortèges.
En revanche, la FNSEA et la Coordination rurale n'y participeront pas.
L'intersyndicale nationale VTC a appelé de son côté chauffeurs de VTC et livreurs à se rendre place de la Bastille samedi.
- Militants pour le climat -
Après un retour des marches pour le climat, qui ont rassemblé des milliers de personnes le 26 septembre à travers la France, leurs organisateurs, dont certains sont aussi dans l'organisation de la mobilisation de samedi, se sont joints au mouvement.
"Fin du monde, fin du mois : le 17 octobre nous serons là !", a écrit la coordination nationale du mouvement du 26 septembre.