Mobilisation du 17 octobre: FNSEA et CR ne seront pas du mouvement, la Confédération paysanne oui

Les adhérents de la FNSEA, mobilisés dans leurs exploitations, ne participeront pas à la mobilisation du samedi 17 octobre, a annoncé vendredi le président du syndicat agricole dominant, Arnaud Rousseau. Idem côté Coordination rurale tandis que la Confédération paysanne a appelé à la mobilisation.

"Pour ce qui concerne la FNSEA, nous n'y serons pas pour une raison assez simple (...), c'est que c'est la pleine période du boulot" dans notre secteur, a-t-il déclaré sur BFMTV et RMC.

Le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau a indiqué à l'AFP que le deuxième syndicat agricole, habitué des manifestations, ne se joindrait pas non plus au mouvement.

En revanche, la Confédération paysanne, troisième syndicat marqué à gauche, est solidaire depuis près de deux semaines du mouvement des lycéens et sa porte-parole Fanny Métrat a réitéré auprès de l'AFP son appel à "la convergence des luttes face à un gouvernement ultralibéral". Des tracteurs et des paysans devraient rejoindre plusieurs cortèges.

L'automne est une période de travaux agricoles intenses, avec les dernières récoltes des cultures d'été et les semis d'hiver.

"Nous sommes en ce moment en train de récolter le peu de maïs que l'été nous a laissé, nous sommes en train de semer nos céréales, nous sommes en train de récolter nos betteraves. Les éleveurs essaient de se battre pour trouver des fourrages", raréfiés par la sécheresse, a détaillé M. Rousseau.

Si la FNSEA n'appelle pas ses adhérents à rejoindre la journée d'action prévue samedi autour du pouvoir d'achat - qui fédère des revendications multiples, des gilets jaunes aux lycéens, elle réfléchit en revanche à se mobiliser d'ici la fin de l'année à Bruxelles, pour dénoncer le projet de budget de la future Politique agricole commune (PAC).

"Nous sommes en train de discuter (avec d'autres syndicats européens) pour nous mobiliser à Bruxelles en novembre ou en décembre, au moment des conseils des ministres et des chefs de gouvernement", a prévenu M. Rousseau.

"Nous ne sommes pas satisfaits" et "il n'est pas question de reculer sur ce point", a-t-il déclaré en dénonçant "une amputation de l'ordre de 13 à 15 %" dans le projet de la Commission européenne.

Concernant le plan de relance agricole pour 2027 annoncé jeudi par le gouvernement français, M. Rousseau a salué "la prise de conscience" gouvernementale des difficultés de l'agriculture française, qui a déjà débloqué plus d'un milliard d'euros sur le budget 2026 en mesures d'urgence.

"La prise de conscience est là, mais ce qui compte" pour les agriculteurs aujourd'hui, c'est de recevoir ces aides pour que "les choses, très concrètement, prennent forme dans leur corps de ferme", d'autant que le plan de relance 2027 dépend de l'adoption d'un budget pour 2027 par le Parlement, très incertaine en l'absence de majorité.

La Confédération paysanne a elle dénoncé "des fausses annonces" avec aucune "vraie mesure qui accompagne la transition agroécologique". "Ils parlent de plan de relance, de prêts à taux zéro, mais quand on est une ferme au bout du rouleau, on ne pense pas à investir", a dénoncé Fanny Métrat.