Mistral s'associe à Airbus et BMW et veut investir le secteur industriel

La start-up française Mistral, spécialisée dans l'intelligence artificielle (IA), a annoncé jeudi un partenariat avec l'avionneur européen Airbus et le constructeur automobile allemand BMW pour appliquer l'IA aux processus industriels, notamment la simulation pour l'ingénierie.

"Nous sommes très enthousiastes à l'idée du déploiement de l'IA dans le monde physique", a commenté le patron de Mistral, Arthur Mensch, lors d'une conférence de presse.

Son groupe a signé un partenariat de cinq ans avec Airbus, dont le montant n'a pas été révélé, pour appliquer des solutions d'IA aux activités d'aviation commerciale, de défense et d'aérospatial, ainsi qu'à la fabrication d'hélicoptères.

Il s'agit notamment d'améliorer la sécurité des vols, avec un déploiement de l'intelligence artificielle dans le cockpit de l'avion, mais aussi d'aider au design et à la construction de nouveaux avions grâce à la simulation numérique, a précisé M. Mensch.

Pour BMW, Mistral va construire des modèles spécifiques "qui comprennent la physique" des véhicules et qui doivent permettre d'optimiser les exercices de crash-test.

Afin de développer ces applications industrielles, Mistral a acquis mi-mai la start-up autrichienne Emmi AI, spécialisée dans la simulation numérique pour l'industrie.

Mistral, qui organise par ailleurs jeudi sa première conférence sur l'IA à Paris, augmente aussi ses propres infrastructures de calcul.

L'entreprise a ainsi dévoilé un partenariat avec l'acteur américain de centres de données Digital Realty, qui lui réservera 10 MW de capacité de calcul sur son campus en Essonne, au sud de Paris.

"Ce contrat s'est appuyé sur notre capacité à fournir rapidement de la capacité de calcul", a expliqué à l'AFP, Fabrice Coquio directeur France de Digital Realty.

Mistral investit 4 milliards d'euros dans des centre de données en France et en Europe.

"Ces investissements nous permettent d'être sur la bonne trajectoire pour posséder et opérer 200 MW de capacités de calcul d'ici la fin 2027 et 1 GW d'ici 2030", a détaillé Guillaume Lample, cofondateur de la jeune pousse.

Rare entreprise européenne lancée dans la course à l'IA face aux mastodontes américains et chinois, Mistral, qui a signé un accord avec l'Agence France-Presse (AFP) pour utiliser ses dépêches d'actualité afin de répondre aux requêtes de ses utilisateurs, a rappelé viser 1 milliard d'euros de revenus d'ici la fin de l'année.

A titre de comparaison, son concurrent américain Anthropic a généré près de 45 milliards de dollars de chiffre d'affaires annualisé, c'est-à-dire extrapolé à partir des revenus récents, selon le site spécialisé The Information.

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