Ministère de la Transition écologique: Barbut lance une "réforme" de l'organisation

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a lancé une "réforme organisationnelle" de l'administration de son ministère, initiative critiquée par plusieurs syndicats, qui y voient un risque de démantèlement.

"Le périmètre des missions de notre grand pôle ministériel sera intégralement maintenu. Cette réforme organisationnelle ne répond à aucun objectif de réduction des effectifs ou d'économies budgétaires. Elle vise exclusivement à renforcer notre capacité collective à conduire les politiques publiques dont nous avons la responsabilité", assure la ministre dans une lettre aux agents de son ministère, consultée mercredi par l'AFP.

"J'ai décidé de regrouper au sein d'une même direction des compétences aujourd'hui réparties entre plusieurs entités", poursuit-elle.

Concrètement, une nouvelle Direction générale de l'environnement s'occupera de l'ensemble des politiques relatives à la préservation des milieux, à la santé environnementale, au droit de l'environnement, à l'économie circulaire et verte, à la prévention des risques naturels et liés à l'activité humaine ainsi qu'à la politique de l'eau.

L'actuelle Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature (DGALN) sera pour sa part recentrée sur "ses missions dédiées au logement, à la construction, à l'urbanisme et à l'aménagement".

"La ministre de la Transition écologique joue au Lego avec ses organigrammes", a ironisé la Fédération de l'équipement, de l'environnement des transports et des services (FEETS) FO dans un communiqué.

La création d'un nouvelle direction "vise à démanteler ce qui reste du grand ministère issu du Grenelle" de l'Environnement de 2007, "à recréer des silos et à détruire la vision transversale qui est le seul acquis de vingt ans de politique environnementale", juge le syndicat.

"Répondre à la canicule suppose pourtant d'agir d'un même mouvement sur les transports, les bâtiments, le logement et l'aménagement du territoire, exactement ce que cette réorganisation vient briser", estime-t-il.

"Vous ouvrez ici la voie à la disparition du ministère chargé de l'environnement. Cette grande direction sera facilement transportable vers un autre ministère", craint de son côté le Syndicat national de l'environnement-FSU.