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Migrants: "crise" de l'accueil à Rennes, selon la mairie

Une centaine de migrants, dont de nombreux enfants, sont installés depuis début juillet dans deux gymnases de Rennes, à l'initiative de la ville, qui souligne "la crise d'accueil" et déplore les réponses "insuffisantes" de l'Etat.

Ces personnes, déboutées de leur demande d'asile ou en attente de réponse, sont notamment originaires d'Albanie, de Géorgie, de Guinée ou du Mali.

La mairie et les associations sont à la recherche d'hébergements d'urgence, mais selon l'adjoint à la solidarité et à la cohésion sociale, Frédéric Bourcier (PS), les mesures prises par l'Etat sont "insuffisantes".

Interrogé par l'AFP, il a estimé qu'"il n'y a pas de crise migratoire, il y a une crise d'accueil, on s'organise mal", a-t-il dit.

Sollicitée, la Préfecture d'Ille-et-Vilaine n'a pas fait de commentaire.

Le premier gymnase abrite 80 migrants dont une cinquantaine d'enfants, a constaté l'AFP, un second abrite 30 personnes et la mairie a prévu l'ouverture d'un troisième gymnase, a-t-elle indiqué.

Sayka, une jeune Tchétchène de 14 ans, est ainsi installée avec sa famille dans une tente blanche, prêtée par la Croix-Rouge et dressée dans le gymnase. L'adolescente, qui a commencé à apprendre le français l'an dernier, aimerait plus de la stabilité et de calme, a-t-elle confié à l'AFP.

Les demandeurs d'asile devraient être logés par l'Etat, ce qui n'est plus le cas actuellement, selon Frédéric Bourcier. Dans un communiqué, l'élu rennais relate qu'au début du mois, "une femme enceinte de 7 mois s'est vu refuser l'accès à un hébergement d'urgence du 115 au motif qu'elle était demandeuse d'asile et qu'elle n'entrait donc pas dans la catégorie des personnes vulnérables".

La Fédération des acteurs de la solidarité/Bretagne a dénoncé dans un communiqué la politique des services de l'État concernant l'hébergement d'urgence.

Son président, Daniel Delaveau, ancien maire PS de Rennes (2008-2014), a demandé à rencontrer à ce sujet la préfète de région, Michèle Kirry. Celui-ci a "réfuté" auprès de l'AFP l'idée d'une forte pression migratoire, estimant qu'"un pays comme la France a la capacité d'accueillir cent mille migrants par an". Il rappelle que, depuis le 1er juillet, le 115 n'accueille plus les demandeurs d'asile.

Selon le délégué départemental de la Fédération, Jean de Legge, sollicité par l'AFP,"on ne peut pas nier qu'il y a une dynamique sur le département plus forte que celle du Finistère ou des Côtes-d'Armor mais ce n'est pas parce qu'il y a plus de migrants ici qu'on peut parler d'une pression migratoire".

Les familles de migrants devraient rester dans le gymnase pendant tout l'été au moins, selon M. Bourcier.

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