Méduses et canicule: huit réacteurs encore à l'arrêt jeudi, un réacteur de Gravelines reconnecté

Huit réacteurs du parc nucléaire d'EDF étaient encore à l'arrêt jeudi en lien avec les fortes chaleurs qui font grimper la température des cours d'eau et avec l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), a indiqué EDF à l'AFP.

Six réacteurs nucléaires sont à l'arrêt en raison des réglementations environnementales sur la température et le débit des cours d'eau destinées à protéger les écosystèmes aquatiques.

Selon le point de mi-journée d'EDF, il s'agit des réacteurs Chooz 1 et 2, Cattenom 1, Golfech 2, Bugey 3 et celui de Saint-Alban 2, le dernier arrêté.

En outre, deux réacteurs fonctionnent à puissance réduite: Tricastin 1 et 4, en raison de ces "contraintes environnementales" ou "causes externes liées à l'environnement", selon les termes d'EDF.

Dans ces "contraintes environnementales", EDF inclut également le phénomène de l'arrivée massive de méduses dans le système de pompage d'eau qui a contraint la centrale de Gravelines à arrêter ou réduire la puissance de 5 de ses 6 réacteurs lundi et mardi.

Le réacteur n°2 a été depuis reconnecté au réseau, dans la nuit de mercredi à jeudi, tandis que les réacteurs n°1 et n°6 fonctionnent également, mais à puissance réduite, a indiqué EDF.

Les réacteurs n°3 et n°4 sont à l'arrêt et doivent revenir sur le réseau dans les "prochains jours". L'unité n°5 est, elle, en arrêt programmé pour maintenance.

"Les dispositifs de surveillance renforcée restent en place", a précisé EDF dans un communiqué, évoquant notamment des rondes et une surveillance vidéo des tambours filtrants qui ont été bouchés par les méduses. Des pêches préventives se poursuivent également 24 heures sur 24 au large.

L'été 2026 a de nouveau mis en lumière la vulnérabilité de l'industrie nucléaire aux conséquences du réchauffement climatique, notamment sur la ressource en eau, si aucune adaptation n'est prévue.

Le centrales ont besoin de grandes quantités d'eau, de rivière ou de mer, pour refroidir leurs installations.

Or en cas de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et la hausse de la température des cours d'eau peuvent contraindre un exploitant à réduire ou arrêter sa production pour respecter des limites environnementales. Il ne peut plus alors rejeter d'effluents chimiques ou radioactifs ni réchauffer davantage les rivières avec ses eaux de refroidissement rejetées plus chaudes.

Le parc nucléaire d'EDF a atteint mercredi un record d'indisponibilités, dites "environnementales", de 20,4%, sans conséquence toutefois pour l'alimentation électrique de la France.

L'électricien prévoit d'investir 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter ses installations de production au réchauffement climatique, dont 4,3 milliards pour le nucléaire.