Manifs et violences : l'Arcom appelle télés et radios à un "traitement rigoureux et équilibré"

L'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel, a demandé jeudi aux chaînes de télévision et aux radios de veiller à un "traitement rigoureux et équilibré" des manifestations et des violences, en indiquant avoir été saisi au sujet de plusieurs séquences.

L'Arcom a annoncé dans un communiqué avoir écrit aux télévisions et aux radios pour "les appeler à la plus grande vigilance dans le traitement des manifestations et des troubles à l'ordre public survenant depuis le 17 octobre".

"Saisie de nombreuses fois ces derniers jours, l'Arcom a engagé l'instruction de plusieurs séquences en vue, le cas échéant, d'éventuelles interventions auprès des chaînes ou sanctions", a poursuivi le régulateur.

Ces saisines portent sur près d'une dizaine de séquences. L'une concerne des propos tenus dimanche soir sur la chaîne CNews par une journaliste du JDD, Lara Tchekov. Elle avait déclaré que des armes automatiques auraient été repérées entre les mains d'émeutiers, une affirmation ensuite démentie par la DGSI, le principal service de renseignement intérieur, auprès de plusieurs médias.

Jeudi matin, cette journaliste a admis sur CNews avoir "sans doute délivré trop prématurément l'information à l'antenne", dans la "précipitation" du direct.

Une autre saisine concerne des propos de l'éditorialiste de la chaîne de télévision publique franceinfo Alix Bouilhaguet. Elle avait affirmé à tort mercredi que le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, n'avait "jamais nettement condamné les violences du 17 octobre". "J'ai commis une erreur et je m'en excuse", a-t-elle déclaré jeudi à l'antenne, après avoir posté un message similaire mercredi sur le réseau social X.

D'autres saisines portent sur des propos d'Éric Zemmour, le patron de Reconquête, concurrent du RN à l'extrême droite, sur plusieurs chaînes.

L'Arcom a souligné "l'importance d'un traitement rigoureux et équilibré des événements, en particulier lorsque les informations présentées à l'antenne sont susceptibles de provoquer la peur ou d'accentuer le risque de trouble à l'ordre public".

L'autorité "rappelle l'obligation qui s'impose aux chaînes de maîtriser à tout moment leur antenne, notamment si des propos susceptibles d'être discriminatoires ou de porter atteinte aux droits des personnes y sont tenus".

Outre d'éventuelles sanctions envers les chaînes, le régulateur se réserve "la possibilité de signaler tous les propos pénalement répréhensibles tenus à l'antenne au procureur de la République, afin que la responsabilité individuelle des auteurs puisse être engagée".