L'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a été co-saisie avec celle de la police nationale (IGPN), après qu'un mineur a eu la main arrachée par une grenade à Saint-Etienne, a indiqué dimanche le préfet de la Loire.
"Je peux vous annoncer officiellement que l'IGPN et l'IGGN ont été saisies dès hier (samedi) à 17H00, c'est-à-dire à peine une heure après la commission des faits", a déclaré le préfet François-Xavier Bieuville lors d'un point presse devant l'hôtel de ville.
"C'est un drame humain, quelles que soient les circonstances qu'il appartient à la justice de déterminer", a-t-il poursuivi.
Un jeune manifestant de 17 ans a eu la main arrachée samedi à Saint-Etienne par une grenade lancée par les forces de l'ordre.
"On nous dit que ce serait une grenade de la gendarmerie. Moi, je ne peux pas le confirmer. Il y aura évidemment une enquête", avait déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Concernant les violences à Saint-Etienne qui ont pris fin vers 02H00 dimanche, une soixantaine de personnes ont été interpellées jusqu'à 06H00, a précisé le préfet.
A ses côtés le maire PS de la ville, Régis Juanico, entouré d'une délégation de commerçants en colère, a déploré un "déchaînement de violences inédites, sans précédent".
Dimanche en début de matinée, un recensement provisoire faisait état de "34 commerces dégradés, vandalisés ou littéralement pillés", a dit M. Juanico, remerciant "les agents municipaux (qui) ont travaillé toute la nuit pour rendre la ville praticable".
Outre la mairie annexe incendiée du quartier Centre-Deux, "nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe concernant le bâtiment de l'hôtel de ville", a-t-il poursuivi.
Il a salué "le courage et le sang-froid exceptionnel de quelques policiers municipaux et agents qui étaient à l'intérieur, (...) ont risqué leur vie et ont été traumatisés en entendant depuis l'intérieur les intentions de brûler le bâtiment et de tuer les personnes qui s'y trouvaient".
"Cela s'est joué à quelques minutes près en fin d'après-midi. Sans ce courage et ce sang-froid exceptionnels, ainsi que l'intervention de la Police nationale il n'y aurait plus d'hôtel de ville aujourd'hui à Saint-Etienne", a assuré le maire.
Des adjointes au maire qui se trouvaient bloquées à l'intérieur ont indiqué à l'AFP que "du liquide inflammable a été projeté par de petites ouvertures situées au niveau d'un sas d'entrée", ajoutant que "les vêtements d'un des incendiaires ont pris feu lorsqu'il a jeté un cocktail molotov".