Emmanuel Macron "n'a rien compris à ce qui se passe dans le pays", a affirmé dimanche soir à l'AFP la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, estimant que le président n'a pas répondu dans son allocution aux attentes exprimées par les manifestants samedi.
"Le problème dans son discours (...), c'est qu'il ne fait aucune annonce concrète pour répondre à la mobilisation des jeunes, à la vie chère ou au déclassement des services publics et à la multiplication des licenciements", a souligné la responsable de la deuxième centrale syndicale, qui avait appelé à participer aux manifestations aux côtés de gilets jaunes, de jeunes et de militants du climat.
"C'est très grave parce qu'en fait, on attendait beaucoup de choses de son intervention puisque la sortie de crise est entre ses mains", a-t-elle relevé.
Jugeant que la journée de samedi était "le résultat de dix ans de macronisme, dix ans de passage en force, dix ans de politique au service des plus riches", la syndicaliste a regretté que le président "disserte sur un chaos dont il est le principal responsable".
Au sujet de l'appel d'Emmanuel Macron aux "partis politiques" mais aussi aux "organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté" les violences, Sophie Binet a répondu ne pas avoir "attendu que Macron nous demande de le faire pour le faire".
"Évidemment que la CGT a condamné immédiatement toutes les dégradations qui nuisent aux revendications. Mais ce qu'on aurait aimé entendre dans son intervention, c'est aussi une condamnation de la stratégie du maintien de l'ordre qui a conduit à cette situation", a-t-elle dit, en évoquant les graves blessures dans les manifestations d'une mineure à Mulhouse (Haut-Rhin) et d'un mineur à Saint-Étienne.
"Les dégradations, nous les condamnons parce qu'elles nuisent aux revendications. Et de fait, on le voit depuis hier : on a eu une journée de manifestation historique avec 800.000 manifestants et manifestantes (550.000 selon les autorités, ndlr) et ce qui est choquant, c'est qu'on ne parle que des dégradations", selon la responsable syndicale.
"Ça ne fait que renforcer notre détermination à ce que le 5 novembre soit une immense journée de grèves et de manifestations", a-t-elle conclu au sujet de cette prochaine mobilisation, notamment sur les salaires, lancée par une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU.